Aéroport de St-Hubert : des nuits perturbées par les Boeing 737-200 qui atteignent 107,8 dBA

Régulièrement dans les médias sociaux de Saint-Bruno, dont Saint-Bruno-de-Montarville d’hier à aujourd’hui, on se plaint « d’épouvantables » bruits nocturnes provenant de moteurs d’avions.

L’an dernier le Comité anti-pollution des avions – Longueuil (CAPA-L) s’est doté de deux sonomètres afin de mesurer le bruit des avions les plus bruyants. Grâce à ces instruments, il a été en mesure de démontrer que les Boeing 737-200 de la compagnie Chrono Aviation qui utilisent cet aéroport génèrent plus de 107,8 dBA en bout de piste au décollage et plus de 94,8 dBA lorsqu’ils atteignent les quartiers résidentiels de Saint-Hubert, et probablement de Saint-Bruno-de-Montarville (non mesuré, mais distance équivalente); des niveaux qui sont définis comme nocifs pour la santé. À titre de comparaison, un concert rock en salle émet en moyenne des sons entre 100 et 107 dBA. Au-delà de 65 dB, le bruit est considéré comme pénible, gênant et même dangereux à partir de 90 dB. L’OMS ainsi que le MSSS du Québec recommandent de limiter les bruits de trafic aérien à un maximum de 40 dBA durant la nuit et 45 dBA durant le jour «afin de préserver la santé, la qualité de vie et le bien-être des citoyens» (INSPQ).

De son côté pour le président de DASH-L qui gère l’aéroport, Charles Vaillancourt, les mesures du CAPA-L n’ont aucune valeur: «Une mesure d’intensité sonore n’a de valeur que dans le cadre d’une étude acoustique effectuée avec des appareils calibrés professionnellement selon des normes scientifiques rigoureuses et par des spécialistes formés en la matière, détaille-t-il. Les mesures avancées ici ne rencontrent aucun de ces critères.» (Courrier du sud).

Une résidente de Saint-Bruno, madame Sonia Simard, avait d’ailleurs lancé l’an passé une pétition (près de 1000 signatures) sur le site de la Chambre des communes qui demandait au ministère des Transports et aux autres ministères concernés de soutenir les citoyens qui subissent les impacts des activités aéroportuaires de Saint-Hubert. 

Face à ces critiques et plaintes, un comité consultatif du climat sonore a été mis sur pied. Le comité est composé de la directrice générale de l’Aéroport, un représentant de la ville de Longueuil, un représentant des écoles de pilotage, un représentant des transporteurs aériens utilisateurs des installations de l’aéroport, et d’un seul représentant des citoyens riverains.

Un 737-200 de Chrono Aviation. La CIE vient aussi d’acquérir d’Air Transat un 737-800

Un problème qui a pris de l’ampleur…

Le problème de la pollution sonore engendrée par cet aéroport a pris de l’ampleur récemment car la mission de celui-ci s’est transformée au cours des dernières années. L’aéroport de St-Hubert est non seulement devenu un aéroport régional mais il est appelé à devenir un aéroport international (gros porteurs) pour des destinations ailleurs au Canada et en Amérique: États-Unis, Cuba et autres destinations soleil…(TVR5). Dorval est trop petit, par conséquent, c’est Saint-Hubert qui complètera, en partie, l’offre de service aéroportuaire du Grand-Montréal (OpenJaw) La compagnie Chrono Aviation ne cache d’ailleurs pas ses ambitions de concurrencer WestJet, Sunwing, Air Canada et Air-Transat (OpenJaw).

La pandémie offre un répit sonore aux citoyens puisque les activités de l’aéroport et son développement sont en mode « arrêt sur image »… Mais la séquence de développement devrait vite reprendre son cours dès que la situation sanitaire le permettra.

Maison de militaires rénovée

L’aéroport de Saint-Hubert intimement lié à l’histoire de Saint-Bruno

C’est le premier aéroport civil au Canada (1927). Il devient la base de la première route aérienne entre le Canada et les États-Unis avec les services de Colonial Airways. L’aérodrome accueillait aussi des dirigeables. En 1940 le ministère de la Défense en reprend possession et y installe une base militaire. L’armée canadienne fera alors construire à Saint-Bruno des centaines de résidences pour ses soldats, officiers et employés civils. Ce sont les maisons de ville que l’on retrouve dans le secteur des rues de Montarville et Caillé. Un champ de tir a aussi été aménagé par l’armée au flanc du Mont-Saint-Bruno. Une partie importante de la population de Saint-Bruno était alors composée de militaires. En 1968 l’aérodrome de Saint-Hubert redevient un aéroport civil. À cette époque, Saint-Bruno-de-Montarville est déjà, avec ses ±14 000 de population, une ville importante. C’est à partir de ce moment que le trafic aérien explose et devient problématique pour les riverains. (Source Wikipedia et divers).

Journaliste: Alain Dubois

Photo de l’avion capture, Chrono Aviation

* db vs dBa: https://www.softdb.com/fr/quelle-est-la-difference-entre-db-et-dba/

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