Chronique du maire: Les enseignements à tirer de la pandémie actuelle… si on prenait le temps d’y réfléchir!

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Pour l’exercice financier qui va du 1er avril 2020 au 31 mars 2021, le Canada devrait afficher un déficit qui, au 30 avril dernier, était estimé à 252 milliards de dollars alors que celui du Québec, pour la même période, devrait osciller autour des 15 milliards de dollars. Beaucoup d’entreprises, des plus petites au plus grosses, ne passeront pas aux travers de la crise actuelle, ce qui n’est malheureusement pas sans déplaire aux prédateurs qui, tapis dans l’ombre, n’attendent que l’occasion pour se jeter sur leurs proies, laissant au passage son lot de victimes collatérales. En serons-nous?

Après un reflux envisageable du produit intérieur brut canadien de 7% en 2020, il faut s’attendre à un important effet de récupération en 2021. Certains économistes tablent sur une croissance de 5%. La question qu’on ne peut manquer de se poser, les choses reprendront-elles leur cours comme si de rien n’était? N’est-ce pas plutôt le temps de faire certains constats, certes affligeants mais néanmoins nécessaires, voire incontournables, face aux importantes lacunes constatées dans la gestion de la pandémie de COVID-19 au Canada et ailleurs dans le monde?

Pour s’en tenir au Québec, je pense qu’il est nécessaire de faire un sérieux examen de conscience sur plusieurs éléments relatifs à notre système de santé qui vont des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), à la grande dépendance envers quelques grands fournisseurs de matériel médical et de médicaments, en passant par une organisation trop bureaucratisée et d’une lourdeur excessive.

Dans un contexte plus large, notre modèle économique est à revoir car il est intenable à long terme. La théorie économique des avantages comparatifs qui est à la base d’une mondialisation poussée à son paroxysme, appuyée en cela par le néolibéralisme associé à l’École de Chicago et Milton Friedman, où la seule raison d’être d’une entreprise était d’augmenter ses profits, a eu des effets désastreux sur l’environnement. 

Nous n’avons qu’une terre et celle-ci compte actuellement 7,8 milliards d’habitants. Cette population croît au rythme d’environ 60 millions d’habitants par année. Elle devrait atteindre les 9,7 milliards en 2050. Notre façon de produire et de consommer a, comme conséquence, que cette augmentation de la population se fait au détriment de la nature et de la biodiversité. Pour ma part, il n’y a qu’une façon de s’en sortir et c’est de mettre l’environnement au centre de nos préoccupations.  

Mais avant de reprocher au voisin de ne pas agir correctement, commençons par avoir, ici même dans notre communauté, des pratiques de développement exemplaires. L’expression «penser globalement, agir localement» doit plus que jamais devenir notre guide dans nos façons de faire. Peut-on croire à un changement de paradigme avec cette pandémie de COVID-19? J’ose espérer que nous saurons faire preuve de plus de sagesse à l’avenir que ce ne fut le cas depuis l’après-guerre. 

COVID-19 – Message du maire de Saint-Bruno-de-Montarville, M. Martin Murray, 14 mai 2020

Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville

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