Crematorium: Lettre ouverte d’une Montarvilloise

Mon insomnie à moi

Samedi 3:46 du matin, une autre nuit blanche. Les pensées défilent dans ma tête pour toutes sortes de raisons.

L’heure est grave, la pandémie s’accélère un peu partout dans le monde, une troisième vague, des variants encore plus contagieux et qui touchent les plus jeunes. Ça fait peur, on a peur. Cela fait plus d’un an que nous sommes confinés et ce n’est pas terminé.

Nous ici, les règles sanitaires, nous les respectons : pas d’amis, pas de famille, pas de rassemblement, le port du masque, le télétravail, le couvre-feu, pas de déplacements, on se lave les mains, on encourage l’achat local, on garde nos distances, on se fait des 5-7 virtuels, on vit au jour le jour, on ne dit rien et on attend que ça passe.

Malgré l’angoisse, la solitude et la peur devant notre avenir incertain et inconnu, on se compte chanceux; on a une maison, un emploi et nous sommes en santé. Dans ces circonstances, on s’accroche à l’essentiel.

Et voilà que maintenant, notre quartier est menacé d’être en péril.
Ma maison, celle que j’aime, celle qui me procure mon sentiment de sécurité, mon lieu de travail et de loisirs, celle pour laquelle nous avons quitté la ville (que nous aimions tant). Et bien, cette maison se trouve dans un quartier résidentiel où la ville a accepté d’accorder un permis pour l’installation d’un des plus grands crématoriums. Celui qui servira le Grand Montréal :
• Deux fours de grandes capacités;
• Technologies de pointe;
• Complexe funéraire;
• Belle architecture.

La ville n’y voit un pas un problème, ça va être beau, accessible pour ces familles en deuil avec plusieurs places de stationnement. On adore ça la rive-sud, Il n’y pas de problème de stationnement comme à Montréal.

Et bien cette nuit, ce Crématorium est la raison de mon insomnie et celui qui fait déborder le vase :
C’est tout ce qu’il nous reste, être dehors sur son terrain, prendre un peu d’air, jardiner, discuter avec ses voisins. C’est inacceptable de penser que nous allons nous faire imposer ce centre, toxique pour nos enfants, toxique pour nous, à côté de nos parcs, de nos légumes, nos maisons, nos VIES. Il est où notre souffle à nous ?

J’aimerais être bien claire, je ne suis pas contre les crematoriums, mais cela n’a pas sa place dans un quartier résidentiel près des familles et de nos enfants qui grandissent. Ceux pour qui nous faisons tous les sacrifices de notre vie. On fait tout ça pour eux, pour leur avenir, on les veut heureux et en santé. Je ne peux pas croire qu’on accepte de leur imposer ceci ; qu’une ville accepte ceci pour ses citoyens, que certains citoyens acceptent ceci pour leurs voisins et que ceux qui ne sont pas concernés ferment les yeux là-dessus. Ça pourrait vous arriver aussi.

Ils disent respecter les lois environnementales, on le sait tous que ces lois sont désuètes et qu’elles doivent être révisées. De notre coté, nous avons fait les recherches, nous savons l’impact sur la santé de nos jeunes et si vous preniez le temps de le lire, vous auriez peur vous aussi.

“Les crématoriums émettent 10 des 12 polluants les plus dangereux au monde, dont des dioxines, du mercure et des particules fines et inodores de moins de 2,5μ qui pénètrent profondément dans les poumons”.

Dans la vie, on a souvent aucun contrôle, on se fait dire quoi faire, comment le faire et quand le faire. On suit le rythme de la vie. S’il y a un moment où vous pouvez faire la différence c’est maintenant. Aidez-nous à empêcher ce projet. Aidez un quartier à retrouver une paix d’esprit, un moment de répit. Nous sommes fâchés, angoissés, épuisés et nous demandons votre support.

Saint-Bruno est une belle ville. Un jour, on m’a fait vivre la grande séduction, je suis tombée en amour et maintenant j’ai l’impression de commencer un cauchemar.

“Nos deux unités de crémation de Saint-Bruno auront chacune une capacité de 5 à 6 crémations par jour. La 2e unité de crémation sera utilisée seulement lors des périodes de pointe, au cours desquelles on fait face à un plus grand nombre de décès” – Coopérative funéraire du Grand Montréal future résidence de St-Bruno

Lorsque l’heure de pointe sonnera, ces morts, ce sont dans ma cour qu’ils brûleront.

Une mère fatiguée, mais qui fera tout pour sauver les enfants.
Signée J (maman d’un garçon de 6 ans)

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