Démission du directeur général de Saint-Bruno-de-Montarville, Sylvain Brouillette.

Partagez!

La Ville a annoncé ce matin par voie de communiqué la démission de son directeur général, monsieur Sylvain Brouillette. Ce dernier n’était en poste que depuis juin 2019. Il quittera ses fonctions le 20 novembre prochain. Lors de son allocution aux employés, celui-ci a indiqué qu’une meilleure collaboration avec le maire aurait été souhaitable, de même qu’un traitement plus respectueux de l’information véhiculée dans l’espace public, notamment par certains médias qui se seraient attaqués “à son intégrité”.

Cette démission fait suite à la publication de ma plus récente chronique municipale «La distanciation politique et sociale sont de mise pour un DG, M. Brouillettet». Celle-ci mettait en exergue le manque apparent de distanciation politique entre le DG (l’administratif) et le politique. Le directeur général, de par l’importance de la fonction qu’il occupe, se doit d’être neutre dans la joute politique entre élus et éviter toute ingérence (ou apparence) de l’administratif dans le politique. D’accuser les médias de salissage pour ses déboires est souvent l’excuse facile des politiciens et des personnalités publiques pris en défaut. 

Comme chroniqueur municipal, il est de mon devoir d’informer mes lecteurs de situations problématiques impliquant un élu ou un administrateur de la ville et ce sans complaisance. Malheureusement, on ne retrouve que rarement ce genre d’informations dans les journaux locaux dont les propriétaires ont souvent des liens avec les establishments locaux (promoteurs immobiliers, milieu des affaires et politiciens, etc.).

S’il y a une personne à qui M. Brouillette devrait s’en prendre, c’est au conseiller Joël Boucher, qui a exhibé sans pudeur sur sa page Facebook publique plusieurs photos montrant le DG en sa présence (sans distanciation sociale) et qui illustrait ce que j’avais souligné dans «Une tempête dans un verre d’eau» sur son apparente difficulté à garder une saine distanciation entre son rôle d’administrateur et le pouvoir politique.

J’ai fait mon devoir de chroniqueur en écrivant ce texte, et M. Brouillette le sien, en démissionnant. 

En ce qui concerne ce 3e départ d’un DG à Saint-Bruno en 7 ou 8 ans, cela ne représente pas un fait exceptionnel. Les DG d’une ville n’ont souvent pas une longue carrière à ce poste. C’est à Saint-Bruno que son prédécesseur Guy Hébert a eu la plus longue carrière comme DG (3 ans). Dans son poste subséquent, celui-ci n’a été en poste qu’un an, comme M. Brouillette.

Je ne connais pas la nature des différends entre le maire Murray et le DG, mais je suis persuadé que sa plainte contre la conseillère Isabelle Bérubé a eu un impact sur leur relation.

Émettre l’idée que cette démission pourrait amener à une tutelle de la ville correspond à une propagande tragico politique de même nature que celle qui a entouré le vote de la conseillère Isabelle Bérubé sur l’emplacement du futur centre sportif à la commission de l’environnement et de l’aménagement de l’agglomération de Longueuil. Il n’y a aucune chance que la ville soit mise en tutelle et ceux qui prétendent le contraire ont, soit: une méconnaissance des causes qui amènent le gouvernement à mettre en tutelle une municipalité; ou motivé à créer un climat de crise afin d’en tirer des dividendes politiques. Dans le pire des cas, le gouvernement pourrait nommer un observateur.

Cela fait deux ans que la coalition des élus qui gouvernent la municipalité demande la démission du maire Martin Murray. Le départ du DG n’est qu’un autre épisode causé par la quête de pouvoir de ces élus. Les élections auront lieu dans un an… Ils devront attendre ce temps pour mener à bien cette velléité politique. Au bout du compte, ce sont les citoyens qui trancheront.

Alain Dubois, chroniqueur de la vie municipale

NOTE: Dans cette chronique et les précédentes sur le DG Sylvain Brouillette, je ne remets pas en question l’intégrité de celui-ci, mais ce qui semble être sa difficulté à préserver une nécessaire distance entre l’administratif et le politique. Personnellement, j’y vois surtout le résultat de son inexpérience comme DG d’une municipalité. Administré une ville en proie à une crise politique représente tout un défi pour un DG inexpérimenté. En ce qui concerne le non-respect des règles de distanciation sociale, cela relève d’un simple manque de jugement qui n’aurait pas eu de conséquences si celle-ci n’avait pas été publiée sur une page publique Facebook. C’est au DG que revient la responsabilité de mettre en place les mesures sanitaires imposées par Québec. À ce titre, il se devait de donner l’exemple.

.

Affichez
Cachez