District 5: brève analyse des résultats et entretien avec son nouveau conseiller, Louis Mercier

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La lutte a été serrée dans le district 5 entre les trois candidats, Véronique Mauro (Ensemble Saint-Bruno), Eve Poirier (Citoyens d’abord) et le seul candidat indépendant, Louis Mercier. C’est ce dernier qui l’a emporté par 26 votes sur sa plus proche rivale Eve Poirier et par 48 votes sur Véronique Mauro. La division des votes dans ce district semble avoir joué en la défaveur de la candidate d’Ensemble Saint-Bruno, car Isabelle Bérubé, qui se présentait à la mairie pour ce parti, l’a largement remporté sur Ludovic Grisé Farand (706 / 616). C’est d’ailleurs le seul district où Mme Bérubé l’a emporté, y compris dans le vote par anticipation. L’explication de cet écart entre les votes obtenus à la mairie et ceux obtenus par leur candidate de district pour le parti Ensemble Saint-Bruno pourrait trouver son explication dans la publication d’un article du journal Les Versants qui laissait entrevoir que Mme Mauro, à la suite d’une plainte à la Direction générale des élections, pourrait ne pas être éligible à ce poste. Au moment de sa publication papier, cette autre plainte désinvolte mise en exergue par ce journal avait déjà été rejetée, mais le mal était fait (1)

Quoi qu’il en soit, le candidat indépendant Louis Mercier y a mené une solide campagne électorale et sa victoire est pleinement méritée. Le journal s’est donc entretenu avec celui-ci.

La lutte a été serrée dans le district. Lors du dépouillement Véronique Mauro a mené un certain temps  pour glisser finalement en 3e position et ce n’est que par 26 voix que vous l’avez emportez sur Eve Poirier…

En effet le départ n’a pas été ce à quoi je m’attendais avec le dépouillement des trois premières boîtes. Ensuite la situation s’est renversée. On a été accrochés longtemps avec 8 bureaux compilés où mon avance était de 29 voix. Je n’avais pas d’idée ce que la 9e boîte allait nous révéler où je m’attendais à une grosse centaine de bulletins, ce qui s’est avéré inexact. Il n’y avait que 14 bulletins dans la dernière boîte, ce qui devait être probablement le vote par correspondance qui d’ailleurs a été pour ce que j’ai vu la 9e boîte pour les huit districts. La ville semble avoir orchestré une montée en puissance.

Selon vous, quels ont été les éléments de votre programme (de votre campagne électorale) qui ont fait la différence?

Comme j’étais indépendant, je me devais de valoriser mes objectifs de district et mes objectifs de ville, ce que mes concurrents n’ont pas fait, car, s’appuyant sur le parti pour soutenir leur candidature, elle s’imposait de parler du tout Saint-Bruno. Ceux qui se reconnaissaient dans mes objectifs de district m’ont accueilli favorablement et ont voté pour moi.

De plus, mon implication citoyenne en a impressionné plus d’un. J’en cite une seule : 16 ans à siéger au comité consultatif des finances sous deux régimes municipaux (Benjamin et Murray), d’avoir vu 14 budgets et 14 résultats d’exercices financiers, démontre l’engagement du citoyen et la reconnaissance du milieu.

Quel est le rôle que vous entrevoyez au sein de ce nouveau conseil de ville et quelles sont vos attentes vis-à-vis du nouveau maire et de son parti?

Certains me taquinent et m’appellent M. Agglo. L’agglomération est une «bébitte» opaque qui sert à museler les villes reconstituées. La formule du calcul de la quote-part est maîtrisée par très peu de personnes qu’on compte sur les doigts d’une main. J’en fais partie. J’ai eu un entretien avec M. Grisé Farand, notre nouveau maire. Nul doute que mon apport pour tout ce qui touche l’agglomération de Longueuil est important et il saura canaliser cette force. Il faut se rappeler comme je l’ai indiqué dans mon dépliant de campagne que selon la valeur foncière de la propriété du citoyen, c’est un pourcentage qui varie pour la majorité des propriétés entre 58% et 65% de leurs impôts fonciers qui vont à l’agglomération de Longueuil non pas directement, mais par la quote-part que verse Saint-Bruno à Longueuil. Le % pour les immeubles commerciaux et industriels est plus faible, mais il ne faut pas oublier que les régimes fiscaux municipaux à la grandeur du Québec «saignent» les commerces et les industries.

Dans sa campagne électorale, Grisé Farand s’est engagé à rétablir l’harmonie au sein du conseil à avoir une attitude inclusive vis-à-vis les élus qui ne sont pas de son parti….

M. Grisé Farand a signifié qu’il intégrerait les élus qui ne sont pas de son parti. Il est passé de la parole aux actes, car dès l’annonce de ma victoire, il m’a appelé pour d’une part me féliciter et d’autre part, m’indiquer qu’il voulait me confier des responsabilités qui resteront à définir.  Nous sommes sur une bonne lancée.

Selon vous, que faudrait-il surveiller chez ce nouveau gouvernement municipal? 

Le parti de M. Grisé Farand s’est engagé sur plusieurs volets. Il a courtisé l’électorat. On me connaît pour ma rigueur financière et mon approche utilisateur-payeur. Je serai très critique sur toutes tentatives populistes qui seront financées au final par tous les Montarvillois. Par exemple, permettre le règlement des impôts fonciers en sept versements est bien, mais ceux qui s’en prévaudront devront en acquitter les frais pour rendre l’opération neutre. Pas question de faire payer cette mesure par l’ensemble des citoyens.

Sur quoi porteront vos premières interventions au sein de ce nouveau conseil?  

Je suis en phase sur l’urgence du projet du complexe multisports. Par contre, je crois qu’il est impératif de retenir l’emplacement avec l’école secondaire; cela s’inscrit dans une logique de symbiose et d’efficience financière.

Quelles seront vos priorités? 

  • Pacifier les séances du conseil: Je suis une personne de bonne composition et je n’ai pas de carrière politique devant moi à promouvoir.
  • Le centre-ville: Les Montarvillois de longue date ne disent pas le centre-ville, mais ils disent «le village». Le RPA de cinq étages est une très grave erreur. Je me suis battu comme citoyen avec le peu de moyens que j’avais. Maintenant, je suis dans un poste électif qui me permettra de mieux faire avancer mes idées.  Je veux comprendre ce qui s’est passé avec ce Jazz. Tout le monde veut maintenir le «cœur villageois». Pour moi, si on veut des cinq étages au centre-ville, je vais interdire l’utilisation des mots «cœurs villageois», car cela est de «l’appropriation culturelle».  
  • Développement réfléchi et stratégique: Saint-Bruno n’a pas besoin de s’imposer un développement à l’image de nos voisins. Nous avons les moyens d’attendre. Parfois, comme j’aime le dire dans certaines situations, «il est urgent de ne pas se dépêcher». Si on fait différent et bien, on créera de la richesse collective, car Saint-Bruno sera une ville recherchée. Si des conseillers me servent la rengaine de développement égal plus de taxes, ils vont me retrouver sur leur chemin de l’analyse financière. Il ne faut pas oublier que toutes les villes ont des limites territoriales et que le développement urbain n’est pas une pyramide de Ponzi, une forme de fuite vers l’avant. Comme disait Einstein: «Celui qui croit en une croissance infinie dans un monde fini est soit un fou… soit un économiste». Aujourd’hui, il faut ajouter après le mot économiste, urbaniste qui veut croître en hauteur, mais la hauteur a ses limites qui n’est pas l’infini.

Autre chose à ajouter?

Merci Alain. Continue ton travail journalistique dans une version internet. Comme je disais à Khalkal des Versants, vous êtes chiant, mais on aime à vous détester comme ça.

Merci, Louis Mercier, pour cet entretien.

Alain Dubois

Pour ceux et celles qui veulent en savoir un peu plus sur la nouveau conseiller du district 5, vous pouvez consulter son portail à  l’adresse www.mercierstbruno.ca.

Le Montarvillois, le journal hyperlocal de Saint-Bruno

(1) Ce n’est pas la première fois que ce journal rédige ce type d’article en la défaveur de Mme Bérubé et/ou d’Ensemble Saint-Bruno. Plus récemment un titre annonçait que le conseiller Vincent Fortier avait été destitué, ce qui n’est pas non plus exact. La neutralité (et/ou le manque de rigueur) de ce journal et de son directeur de l’information qui est remise en doute par des candidats et sympathisants d’Ensemble Saint-Bruno pourrait très bien faire l’objet de plaintes au Conseil de presse.


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