Élèves avec des besoins particuliers: Réponse de la Présidente de la CSP à la lettre de Martin-Claude Le Blanc

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Monsieur Martin-Claude Le Blanc, Président sortant Comité consultatif des services aux enfants en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation, Commission scolaire des Patriotes

Objet : Réponse à votre lettre du 12 septembre 2017 annonçant votre décision de ne pas renouveler votre mandat à la présidence du CCSEHDAA de la CSP Monsieur Le Blanc, C’est avec beaucoup d’étonnement que nous avons pris connaissance de votre lettre du 12 septembre 2017 dans laquelle vous nous informez des raisons pour lesquelles vous ne renouvellerez pas votre mandat à la présidence du Comité consultatif des services aux enfants en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation (CCSEHDAA) de la Commission scolaire des Patriotes (CSP). Dans celle-ci, vous laissez entendre que des élèves de la CSP ne reçoivent pas les services dont ils ont besoin et présentez des informations erronées que nous devons rectifier.

 

Tout d’abord, vous affirmez que nous ne voulons pas évaluer l’intérêt des parents des élèves handicapés du secondaire pour la mise en place d’un service de surveillance, alors que des organismes communautaires seraient prêts à offrir ce type de service. Au contraire, nous avons été très proactifs en communiquant avec nos partenaires en ce sens afin de connaître leur intérêt à une telle collaboration. Ce que nous ne voulons pas est d’induire les parents en erreur.

 

Jusqu’à maintenant, aucun organisme de notre territoire n’a manifesté son intention d’offrir ce service à grande échelle. Nous avons fait des démarches auprès de nos partenaires en ce sens et aucun d’eux n’a répondu positivement ni sollicité la CSP pour offrir ce service. Le CCSEHDAA a été informé à plusieurs reprises des démarches faites auprès des organismes et des différentes tables de concertation, notamment une première fois en février 2016 par une correspondance transmise au président du CCSEHDAA indiquant que le Comité pouvait compter sur la collaboration de la CSP afin de valider l’intérêt des parents si un organisme était intéressé à mettre sur pied un service de surveillance.

 

Dans cette lettre du 5 février 2016, le directeur général de la CSP est même allé plus loin dans cet engagement :

 

«Je peux cependant vous assurer de la collaboration de la Direction générale dans l’éventualité où un organisme serait intéressé à mettre sur pied un service de surveillance. Cet organisme pourrait valider l’intérêt des parents en les informant qu’un service de surveillance pourrait être instauré si un nombre suffisant de parents y inscrivaient leur enfant. Dans cette éventualité, la Commission scolaire pourrait faciliter le lien entre l’organisme et les parents des élèves handicapés considérés. Avec l’accord des parents, la Commission scolaire pourrait également fournir les coordonnées de ces derniers afin de faciliter la communication avec l’organisme. La Commission scolaire pourrait également considérer la possibilité d’un partenariat avec cet organisme par un accès à certains de nos locaux, si cela répond à un besoin de l’organisme.» En plus de faciliter ce lien, un service de transport pourrait probablement être organisé.

LA RÉUSSITE ET L’INTÉGRATION DES ÉLÈVES : DES OUTILS DE MESURE RECONNUS

Vous affirmez également que la CSP n’a pas de données ou d’indicateurs permettant de mesurer si nos services répondent aux besoins des élèves. Vous écrivez qu’il faudrait obtenir une liste des problèmes ou des diagnostics des élèves afin de pouvoir quantifier le niveau de service professionnel requis.

Tel que cela a été expliqué au CCSEHDAA par le passé, une telle liste n’existe pas.

 

Cependant, ce n’est pas parce que la CSP ne souhaite pas évaluer la pertinence ou la qualité de ses interventions auprès de ses élèves. C’est plutôt parce que la meilleure façon d’aider les élèves HDAA à réussir ne consiste pas à dresser une liste de leurs difficultés pour y accoler un nombre x d’heures de services. Elle consiste plutôt à évaluer les capacités et les difficultés de l’élève et à déterminer de façon personnalisée le type d’accompagnement qui lui permettra de progresser et d’atteindre son plein potentiel, académique, mais également social.

 

Pour ce faire, un éventail de services professionnels, mais également d’intervention de la part de l’enseignant et de techniciens en éducation (notamment), sont possibles. Nous ne travaillons donc pas avec un diagnostic ou un problème à corriger, mais avec un élève à éduquer qui peut avoir des besoins variés à combler et des possibilités à développer, et ce, tant au niveau de son interaction sociale, de ses limites physiques et sensorielles que de ses apprentissages.

 

Chaque élève est évalué par une équipe-école qui détermine un ensemble de services et de solutions pour répondre à ses besoins particuliers. C’est de cette façon que chaque élève peut atteindre son plein potentiel.

 

C’est la réussite de chaque élève au terme de chaque étape d’une année scolaire ainsi que son intégration, qui constituent nos indicateurs permettant de valider si les services que nous offrons sont adéquats et suffisants et non pas le nombre d’heures de services professionnels.

 

C’est en suivant de près ces indicateurs (1) que nous sommes en mesure d’identifier les écarts entre les besoins des élèves et leur potentiel de réussite et ainsi, d’améliorer nos façons de faire. D’ailleurs, notre taux d’intégration des élèves au secondaire se situe avantageusement par rapport à celui de l’ensemble du Québec, soit un écart positif de 8,9%.

CHAQUE ÉLÈVE : TROIS DIMENSIONS DE BESOINS

Il est également important de vous mentionner que nous travaillons pour amener chacun des élèves à son plein potentiel en répondant simultanément aux trois dimensions de besoins, soit : -les besoins liés aux limitations physiques et sensorielles, – les besoins liés à l’insertion scolaire et sociale, -les besoins liés aux compétences disciplinaires. Une stratégie multidisciplinaire: L’évaluation de l’équilibre à donner dans la réponse à ces besoins se fait dans chaque école comme prévu par la Loi, par la Politique de l’adaptation scolaire et le cadre de référence sur le plan d’intervention.

C’est d’ailleurs lors du plan d’intervention, qui réunit la direction, des enseignants, des professionnels et du personnel de soutien en service direct, que l’évaluation précise des besoins se fait avec la participation des parents.

 

L’efficacité de la réponse aux besoins se mesure alors en temps réel par la réussite et le bien-être de chacun des élèves. Lorsque la réussite et le bien-être ne sont pas constatés, une démarche concertée de révision du plan est effectuée afin de mieux répondre aux besoins de l’élève. Nos façons de faire permettent à tous nos élèves d’avoir accès à des services et aucun n’est laissé pour compte. Vous comprendrez donc que nous avons été surpris par votre correspondance où vous concluez que la CSP n’est «pas à l’écoute» et «ne veut pas savoir» à la suite de deux réponses négatives. Vous reprochez à la CSP d’avoir un discours sans réelles actions.

DES STRATÉGIES D’INTERVENTION QUI MÈNENT À DES ACTIONS CONCRÈTES

Voici des exemples très concrets qui illustrent comment la CSP tient compte des besoins des élèves non seulement dans son offre de service, mais également au quotidien directement dans les établissements scolaires.

 

1. Service Accord : facilite l’intégration des élèves au secondaire

Tel que mentionné, l’efficacité de la réponse aux besoins se mesure par le taux d’intégration des élèves HDAA en classe régulière et la réussite des élèves. Comme vous le savez, ce sont ces indicateurs qui ont permis à la CSP, il y a quatre ans, de revoir complètement ses pratiques auprès des élèves qui avaient des difficultés d’apprentissage en mettant sur pied le service Accord. Dans ce changement, la CSP a maintenu exactement le même niveau de ressources auprès de ces élèves, mais a opté pour une stratégie d’intervention différente. Pourquoi avoir pris cette décision? Parce que nous avions analysé la réussite des élèves qui étaient dans un certain type de classes spécialisées et nous avions jugé qu’il était assurément possible de faire mieux puisque ces élèves n’atteignaient pas leur plein potentiel. Avec la mise en place du service Accord, la réussite de ces élèves s’est grandement améliorée et ils sont maintenant intégrés dans les groupes réguliers. Les résultats de ces élèves sont suivis de très près et ont été présentés à plusieurs reprises au CCSEHDAA depuis quatre ans. C’est le même niveau de ressources et pourtant nous répondons nettement mieux aux besoins des élèves.

 

2. Des élèves en classes spécialisées qui obtiennent un diplôme d’études secondaires.

Voici un autre exemple concret où le CCSEHDAA a été consulté. Il y a trois ans, nous avons constaté que la réussite de plusieurs élèves dans les classes spécialisées pour la communication et le développement social augmentait parce ce que ce type de regroupement répondait à leurs trois dimensions de besoins. Nous n’avions pas de tels regroupements au 2e cycle du secondaire et nous avons décidé de les mettre sur pied graduellement. Nous avons maintenant trois groupes cette année et les premiers élèves ont reçu leur DES en juin 2016. Ces élèves réussissent.

 

3. Des services pour assurer la transition au secondaire

Les membres du CCSEHDAA ont été également consultés pour la mise en place des nouveaux services TRP et Repères au secondaire. Ceux-ci viennent appuyer l’intégration d’élèves du primaire issus de regroupements spécialisés à des groupes réguliers au secondaire. Ces services répondent efficacement aux besoins et compétences disciplinaires des élèves et leurs résultats témoignent de cette réussite. Pourquoi pensez-vous qu’il a été possible de mettre sur pied ces deux services qui permettent davantage aux élèves d’atteindre leur plein potentiel? Cela a été possible parce que la combinaison de l’offre de service pour ces mêmes élèves au primaire et le travail fait par les équipes-écoles dans le cadre des plans d’intervention a permis de mieux répondre aux trois dimensions de besoins des élèves. Ainsi, leur plein potentiel étant plus élevé à la fin du primaire, nous pouvons les aider à aller plus loin.

 

En terminant, ces quelques exemples concrets illustrent que la CSP ne navigue pas à l’aveugle, mais qu’elle évolue en fonction des indicateurs reconnus, qu’elle prend action et qu’elle se préoccupe de ses élèves. Nous savons qu’il est possible de faire mieux, notamment en travaillant sur les écarts de diplomation et de qualification entre les élèves HDAA et les élèves réguliers. Cela demandera un effort constant de tous les intervenants, incluant les parents. Nous sommes persuadés d’y parvenir si nous allons tous dans la même direction. C’est pourquoi il est important que nous partagions tous une même compréhension des enjeux reliés aux besoins des élèves et des parents. Nous tenions à rectifier les propos tenus dans votre lettre du 12 septembre dernier parce qu’ils ne peuvent que créer de la confusion auprès des parents de la CSP.

 

Je suis toujours aussi convaincue de l’importance de soutenir une culture d’engagement des parents en lien avec la réussite de leur enfant et je continuerai de travailler à l’amélioration de nos pratiques à cet égard. En vous remerciant de l’attention que vous apporterez à ces éléments de précision, je vous prie d’agréer, Monsieur Le Blanc, l’expression de mes sentiments distingués.

 

  • La présidente, HÉLÈNE ROBERGE
  • c. c.:Membres du Conseil des commissaires
  • M. Luc Lapointe, directeur général intérimaire
  • M. Normand Boisclair, président du Comité de parents Membres du CCSEHDAA
  • M. Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport
  • M. Simon Jolin-Barrette, député de Borduas
  • M. Jean-François Roberge, député de Chambly
  • Mme Nathalie Roy, députée de Montarville
  • M. Stéphane Bergeron, député de Verchères
(1) Gouvernement du Québec, Ministère de l’Éducation, Politique de l’adaptation scolaire, 1999, page 8. L’indicateur le plus souvent utilisé pour mesurer l’évolution de la situation (qualité des services et résultats obtenus) est le taux d’intégration des élèves HDAA en classe ordinaire.

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