La chronique du maire: CANOPÉE ET COUVERT FORESTIER

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«La présence d’arbres et de couvert forestier dans les villes et les grandes régions métropolitaines favorise l’adaptation aux changements climatiques et engendre des bénéfices importants sur un ensemble de dimensions. Ils ont notamment des impacts positifs sur les paysages, la santé publique (qualité de l’air, réduction des îlots de chaleur, etc.), la gestion des eaux pluviales, le maintien de la biodiversité ou les économies d’énergie. » (Perspective Grand Montréal, no 40, septembre 2019)

Bonne nouvelle pour Saint-Bruno-de-Montarville car la proportion de la canopée (part de la cime des arbres située à trois mètres et plus du sol) sur la superficie terrestre totale est passée de 36,6% (1 547 hectares) en 2011, à 37,9% (1 580 hectares) en 2015 et à 39,1% (1 653 hectares) en 2017, soit une augmentation de 2,5 % en six ans ou de 116 hectares. Pour l’ensemble de l’agglomération de Longueuil, (Saint-Bruno-de-Montarville, Boucherville, Brossard, Longueuil et Saint-Lambert), cette croissance aura été de 2,1% durant la même période (de 23,4% à 25,3%).

Le portrait est tout aussi positif pour le couvert forestier (définit comme l’ensemble des superficies boisées d’un demi-hectare et plus). Il constituait 33,3% de la superficie terrestre de Saint-Bruno-de-Montarville en 2017 (carte à gauche tirée du document cité plus haut) comparativement à 32,3% en 2015 et à 31,0% en 2011. Entre ces deux dates, le couvert forestier a gagné 96 hectares dans notre municipalité. À l’échelle de l’agglomération, le couvert forestier représentait en 2017 un peu plus de 18% de la superficie terrestre avec des gains dans chacune des municipalités entre 2011 et 2017. 

Ce sont certes de bonnes nouvelles mais il importe de savoir que seulement 7,2% de la superficie terrestre de l’agglomération de Longueuil fait partie d’aires protégées. Autrement dit, à peine 40% du couvert forestier de l’agglomération de Longueuil est en aires protégées. Cette proportion atteint toutefois 57% si on tient compte des autres mesures de conservation (bois et corridors forestiers métropolitains). Pour l’ensemble de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le pourcentage en aires protégées de la superficie terrestre est de 3,1 %. Il est, par contre, de 59,7% en milieu aquatique pour un total combiné terrestre et aquatique de 10%. Nous sommes cependant bien loin de l’objectif de 17% de protection de ces milieux inscrit au Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la CMM.

Autre bémol, parmi les superficies boisées identifiées à Saint-Bruno dans l’étude de la CMM, il y en a sept qui sont sous «tension». Ils appartiennent à des intérêts privés et leurs propriétaires souhaitent les développer. Ces sept terrains totalisent 46 hectares et ont une valeur imposable d’environ 10 millions de $. Les poursuites contre la Ville en lien avec ces projets s’élèvent présentement à plus de 65 millions de $. Il faut bien voir que la Ville de Saint-Bruno n’est pas un cas d’espèce en la matière. Plusieurs municipalités de la CMM font également l’objet de poursuites de la part de promoteurs immobiliers. À titre d’exemple, le maire de Boucherville, M. Jean Martel, me disait récemment que, pour sa municipalité, elles dépassaient les 160 millions de $. Dans un tel contexte, une ville ne peut agir seule. Elle doit pouvoir compter sur l’appui des autres municipalités. C’est ainsi que je participerai le 22 novembre prochain à une rencontre cruciale qui portera sur les milieux naturels du Grand Montréal. Les défis à relever pour atteindre l’objectif de 17% de protection des milieux terrestre et aquatique pour le Grand Montréal sont colossaux. Pour y arriver, nous devrons nous doter des outils nécessaires sur les plans légal, judiciaire et financier. L’accroissement de la canopée est un élément incontournable dans la lutte aux changements climatiques.

Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville

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