La fin du Parti montarvillois? Entrevue avec Martine Bousquet, présidente du parti.

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Les démissions des deux derniers conseillers du Parti montarvillois (Pm), Isabelle Bérubé et Vincent Fortier, marqueront-elles la fin de ce parti dans le paysage politique de Saint-Bruno? Seul survivant de cette hémorragie, le maire Martin Murray a déjà annoncé qu’il ne se re- représentera pas lors de la prochaine élection, qui aura lieu dans un an. Afin d’en savoir plus sur la réaction du Parti montarvillois au départ de ses deux derniers conseillers et sur l’avenir de ce parti, le journal a réalisé une entrevue avec sa présidente, Martine Bousquet.

Vos réactions au départ des conseillers Bérubé et Fortier de votre parti et à leur décision de devenir des conseillers indépendants ?

Marine Bousquet

Surprise par un très court délai. J’ai été informée de la décision commune du maire et de nos conseillers dans la soirée de mercredi. À titre de présidente, je ne me mêle pas des choses du caucus. Surprise donc. Ce n’était pas le plan de match, l’assemblée annuelle des membres prévue pour le 15 novembre aurait pu être saisie de cette question, nous étions bien au fait des choix difficiles à prendre dans un contexte de fin de deuxième mandat et d’année préélectorale… Tout ça est une première pour notre jeune formation politique.

Le maire Murray a déclaré au journal que cette décision était pour lui un coup dur… Comment, comme présidente du Pm, avez-vous réagi à leur démission?

Choquée par le moment choisi. La dernière crise causée par la sortie du DG est très dure pour M. Murray. Elle est amplifiée par l’appui de M. Murray à sa conseillère Bérubé dans l’affaire de la Commission de l’environnement de l’agglo, et au projet de logements sociaux Le Paillasson, cher à son conseiller Fortier… Difficile, difficile. Je ne voyais pas l’extrême urgence de l’annonce dans un moment si difficile pour lui. Le communiqué de M. Murray est très noble, cependant. Il assumera sa défense devant les allégations qui font la manchette depuis plus d’une année et terminera son mandat de maire, en laissant ses conseillers en dehors de cette tourmente.

Depuis la dernière élection où votre parti avait obtenu la majorité, tous les conseillers ont quitté l’un après l’autre votre parti. Comment expliquez-vous tous ces départs?

Chacun de ces départs a été motivé par les élus en cause, et de manière différente. Je ne vais pas les citer, mais la suite des évènements apporte aussi un éclairage sur leurs motivations. La tendance serait aux conseillers «indépendants», mais que penser lorsqu’ils se liguent et font front commun contre le maire. Et que penser du résultat obtenu dans les deux dernières années? C’est concluant? C’est constructif selon vous? La personnalité, le style du maire? Mais chacun arrive avec sa personnalité, son caractère… Je ne vote pas en regard de ça, je vote pour des projets, pour une vision. La situation n’est pas unique à Saint-Bruno. Pensez à Brossard, Longueuil, Mont-Saint-Hilaire. Y aurait-il un phénomène générationnel chez les politiciens, amplifié par les réseaux sociaux? On oublie que le maire est élu par l’ensemble des citoyens sur la base de ses engagements et de sa vision. On usurpe son rôle.

Dans un an, il va y avoir une nouvelle élection municipale et vous n’aurez plus alors aucun élu (y compris le maire) déjà présent au conseil au sein de votre équipe de nouveaux candidats. Comment entrevoyez-vous cette élection sachant qu’en général les chances pour un candidat en fonction (sauf scandale et controverse) de se faire réélire sont nettement meilleures ?

Pas différemment des citoyens qui suivent la politique locale. J’attends de voir comment chacun se positionnera, comment évoluera l’apparente solidarité entre conseillers, les alliances, les propositions. Je souhaite qu’il y ait une proposition progressiste et innovatrice solide faite aux Montarvillois. Je souhaite qu’il n’y ait pas de recul sur la participation citoyenne aux décisions, la protection des milieux naturels, la solidarité sociale, la vitalité du centre-ville commercial, la gestion prudente des finances.

Votre parti a toujours vertement dénoncé les décisions des conseillers issus de votre parti de quitter vos rangs pour siéger comme indépendants : «trahison, non respect du choix des électeurs, demande de démission, etc.»  Est-ce que vous maintenez toujours vos positions sur ce type de désertion politique?

Je ne me souviens pas d’avoir parlé de trahison… Je pense que les conseillers sont redevables de leurs engagements pris devant les électeurs. Partir pour des raisons de conflit de personnalité m’apparaît un peu facile, lorsqu’on a bien profité de l’équipe de bénévoles d’un parti et de la notoriété du candidat à la mairie pour se faire élire. Mais bon, les gens sont devenus très sensibles, j’accepte. Mais ne pas respecter les engagements pris devant les électeurs, se liguer avec des adversaires qui défendent des positions contraires, ça non, je n’accepte pas. Il faudrait retourner devant les électeurs.

Comment entrevoyez-vous l’avenir de votre parti? Qu’allez-vous faire pour le «reconstruire » en vue de la prochaine élection?

Le Parti montarvillois appartient à ses membres qui décideront de son action et de son avenir. Dans l’immédiat, il y a la défense de M. Murray contre les allégations qui pèsent contre lui et la promotion de nos engagements électoraux de 2017. Le mandat de M.Murray n’est pas terminé et la base du parti l’appuie toujours. Nous continuerons d’interpeller les citoyens sur différents enjeux de société. Saint-Bruno est une ville exceptionnelle qui mérite que l’on poursuive ce dialogue.

Quel est l’état du moral chez vos membres?

La base du  Parti montarvillois est solidaire de Martin Murray. Évidemment, il n’y a pas lieu de se réjouir ni comme membre du Parti montarvillois, ni comme citoyen de Saint-Bruno d’ailleurs.  Une majorité de conseillers ne reconnait pas la légitimité du maire élu démocratiquement, avec une majorité dans chaque district; il a été muselé, attaqué gratuitement, sans que ces allégations ne soient étayées par des faits. Ce cirque me fait honte et fait honte à ma ville. Les membres l’appuient et travailleront avec lui afin qu’il puisse rétablir les faits et terminer son mandat la tête haute comme il se doit.

Propos recueillis par Alain Dubois

Le Montarvillois, le journal hyperlocal de Saint-Brunode-Montarville

Caricature à la une (inspiré) Nuhsal, photo Martine Bousquet (Facebook)

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