Chronique du maire -Le mini-parc des Tilleuls sur la rue Chambly: Illogisme et non-sens

Partagez!
Martin Murray

À la séance du conseil municipal du 24 mars dernier, les élus ont, par un vote majoritaire, donné leur aval à l’acquisition d’un terrain de 1,025 mètres carrés sur la rue de Chambly pour l’aménagement d’un parc à cet endroit. Ce terrain a été acheté au prix de 225,000$ au Syndicat des propriétaires du groupe du 800 de la rue des Tilleuls.

Je me suis opposé et je continue d’être contre la construction d’un parc à cet endroit : trop petit et, surtout, très mal situé. Les seuls gagnants de cette mauvaise décision sont les propriétaires des 16 logements à qui appartenait ce terrain. Si le prix payé s’approche de la valeur imposable, il faut cependant s’interroger sur sa véritable valeur marchande. 

L’implantation de ce mini-parc à cet endroit coûtera aux contribuables montarvillois, directement ou indirectement, près de trois-quarts de million de dollars. Certains seront tentés de faire valoir que si la Ville utilise ses réserves pour payer comptant plutôt que d’emprunter, elle économisera les frais d’intérêts et de refinancement. Rien n’est plus faux car il faudra emprunter davantage pour d’autres projets beaucoup plus pertinents, comme par exemple le complexe multisport.

Incidemment, le conseiller du district s’est permis de jeter l’opprobre sur les employés de la Ville en écrivant, sur le groupe Facebook Saint-Bruno d’hier à aujourd’hui, qu’il s’agissait d’une «erreur administrative» et que ce projet «n’aurait jamais dû faire l’objet d’un règlement d’emprunt.» Sur quelle base peut-il affirmer cela alors que, dans l’exposé des faits accompagnant la décision du 24 mars dernier, il est écrit noir sur blanc qu’en «ce qui concerne l’aménagement du parc il y aurait lieu d’adopter un règlement d’emprunt et de répartir les coûts selon un bassin de taxation à déterminer.»

Qui plus est, le projet de règlement d’emprunt était joint à l’avis de motion du 7 juillet dernier et faisait partie intégrante de l’adoption dudit règlement d’emprunt à la séance du 25 août. À l’article 5 de ce règlement d’emprunt, il est dit et je cite: «Pour pourvoir aux dépenses engagées relativement aux intérêts et au remboursement en capital des échéances annuelles de l’emprunt de 370 000 $, il est par le présent règlement imposé et il sera prélevé, annuellement, durant le terme de l’emprunt, sur tous les immeubles imposables situés dans le bassin de taxation décrit à l’annexe B jointe au présent règlement pour en faire partie intégrante, une taxe spéciale à un taux suffisant basée sur la superficie de ces immeubles imposables, telle qu’elle apparaît au rôle d’évaluation en vigueur à chaque année.» C’est à croire qu’il n’a pas lu les documents avant de se prononcer!

Il s’agit bien sûr d’une inexactitude – restons polis – dans l’interprétation des faits. En voici une autre qui mérite d’être présentée, celle-ci provenant du conseiller du district 8. 

«Face à l’argumentaire voulant que ce soit trop près ou à proximité d’une intersection importante qui est Seigneurial et Chambly, moi je vous rappellerai que dans mon district au parc Duquesne ainsi qu’au parc Gabrielle-Roy, la distance qui sépare les modules de jeu avec la rue principale, la rue attenante là, c’est la même, tout à fait la même. » (Intervention du conseiller à 1:17:20 de la séance du conseil municipal du 24 mars)

Dans un premier temps, peut-on comparer la rue de Chambly à la rue Yvonne-Duckett et, surtout, à la rue de Mésy en termes de trafic? Dans un deuxième temps, peut-on comparer le parc Duquesne et le parc Gabrielle-Roy avec le mini-parc projeté sur la rue de Chambly? Les vues aériennes ci-dessous sont on ne peut plus convaincantes à cet égard. Pour maintenir la même distance entre les modules et la rue que celles des parcs Duquesne et Gabrielle-Roy, dont les plus grandes largeurs en mètres sont de 220 et 180 respectivement, il est impossible de les installer dans le mini-parc sur la rue Chambly avec au maximum ses 40 mètres de profondeur. 

Au-delà de ces affabulations dans l’interprétation des faits, il est une certitude en ce qui me concerne: ce quartier mérite beaucoup mieux. Pourquoi cette urgence à établir un mini-parc sur la rue Chambly? À ce que sache, les citoyens de ce secteur n’ont pas réclamé à cor et à cri un tel parc à cet endroit. Pourquoi alors vouloir leur enfoncer de force ce projet dans la gorge? Ces mêmes citoyens nous ont cependant fait savoir haut et fort qu’ils souhaitaient la protection du boisé des Tilleuls, lieu où il est possible d’aménager un parc digne de ce nom et qui ferait la part belle à la mise en valeur du milieu humide qui s’y trouve. La Ville possède déjà les deux tiers de ce boisé (22,328 mètres carrés sur 33,520 mètres carrés). Qu’en est-il de l’engagement du conseiller de ce district de protéger la totalité de ce boisé?

Cet entêtement du conseiller du district à vouloir implanter un mini-parc sur la rue de Chambly ne s’appuie sur aucune logique que celle d’avoir raison et ce, au détriment des résidents de ce secteur. Il est facile de dire que l’un n’empêche pas l’autre mais dans un contexte où les fonds ne sont pas illimités, il faut savoir choisir entre l’un ou l’autre. L’autre pour moi, c’est le boisé des Tilleuls qui méritent que tous les efforts soient faits pour en protéger l’intégralité. 

Quel gaspillage d’argent, de temps et d’énergie pour un mini-parc sur une rue très passante alors que l’on peut faire beaucoup mieux avec le boisé des Tilleuls! C’est ce qu’on appelle un manque de vision.

Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville

Photo à la une: Google & LeMontarvillois.com


Victoire citoyenne: Grisé Farand et la ville reculent sur la taxe sectorielle pour le micro parc sur De Chambly

Affichez
Cachez