Le nouveau complexe sportif : pour un emplacement de choix

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La polémique bat son plein dans la saga de l’emplacement du complexe sportif. L’APSB désire présenter un point de vue qui, s’il ne devient pas la solution retenue, aura au moins le mérite de faire avancer le dossier en vue d’une résolution optimale pour tous. Mais pour ce faire, il faut d’abord remettre les pendules à l’heure.

D’abord, bien que l’on conçoive que ce parc urbain puisse constituer un espace vert au cœur de notre ville, il n’en demeure pas moins que son état actuel contient déjà des îlots de chaleur (le terrain synthétique, les toitures des bâtiments existants et les stationnements et terrains de tennis, de surface imperméable de surcroît).  À ce titre, il est même permis de croire que toute nouvelle construction à cet endroit, avec les matériaux, technologies et connaissances d’aujourd’hui, assortie de sentiers ombragés, pourraient peut-être même améliorer les choses. Dès lors, insister pour maintenir le parc intact sur la base de ses qualités environnementales nous paraît un argument fragile, qui semble plutôt se servir d’une idée à la mode.  

Deuxièmement, les joueurs de balle ne peuvent-ils pas s’adonner à leur sport préféré ailleurs qu’au parc Rabastalière? Non seulement devraient-ils pouvoir s’adapter à un nouvel emplacement, mais il est fort probable que toute nouvelle installation soit de qualité égale, voire même supérieure, à celle des terrains actuels.  Dès lors, c’est la notion des coûts qui entre en jeu, et non celle de la qualité.

Alors, quelle est la position de l’APSB?

Nous sommes contre l’emplacement au parc Rabastalière, mais pour d’autres raisons que celles évoquées ci-dessus.

D’abord, bien que nous souscrivions à l’idée de dynamiser le centre-ville, il nous paraît utopique que les gens se rendraient au complexe à pied et à vélo, hormis quelques-uns de ses riverains. La grande majorité de ses utilisateurs s’y rendront en voiture, surtout en saison fraîche et aux jours de température incertaine. Conséquence? Un accroissement important de la circulation automobile dans un quadrilatère qui n’a pas été conçu à cette fin, engendrant une nuisance insoutenable aux voisins du parc et des voies circulables bouchonnées.

Contrairement aux difficultés de circulation décrites au paragraphe précédent, notre deuxième argument ne pourra être compensé par davantage d’asphalte, de béton et de passerelles : il s’agit du caractère rassembleur de ce parc urbain. Un village tire son âme de l’animation que l’on retrouve en son cœur et de sa nature parfois impromptue, empreinte de légèreté. Et le parc Rabastalière offre justement aux citoyens de différentes générations de s’y prélasser, au gré de leurs intérêts, et ce, en plein cœur du village. Ainsi, une crème glacée en main, ou après un bon repas au village, les marcheurs peuvent prolonger leur séjour en se rendant au parc assister aux prouesses des planchistes ou à un match de soccer ou de balle. Ils se joignent non seulement aux parents et amis des joueurs, mais aux autres passants qui, comme eux, profitant d’espaces aérés, s’y sont rendus simplement pour s’imprégner de l’atmosphère chaleureuse qui y règne et goûter aux plaisirs des rencontres fortuites en marge d’événements sportifs, en plein cœur du village. Et pourquoi ne pas bonifier l’offre en ajoutant au parc un mur d’escalade, des jeux d’eau, une table de ping-pong ou d’échecs, un terrain de pétanque, des sentiers pédestres et en rénovant l’actuelle zone de jeux ? Pourquoi ne pas s’inspirer de l’expérience de l’été dernier pour améliorer les alentours de la Maison des jeunes; le tout à la manière d’un véritable parc urbain rassembleur ou d’un mini parc Lafontaine?  Et ceci n’empêche pas de l’agrémenter des vestiaires tant réclamés.

Alors, où installer ce complexe?

D’abord, s’il est convenu qu’un seul édifice, localisé en un seul et même endroit, offrirait des avantages indéniables aux familles nombreuses dont les membres pratiquent plusieurs sports, le morceler, avec la participation de partenaires pour certaines de ses parties, pourrait s’avérer économique. Les avantages et inconvénients de ces deux options méritent d’être analysées.

Nous suggérons de débuter par la commission scolaire. La piscine actuelle, qui arrive en fin de vie, pourrait être convertie en gymnases. La nouvelle piscine, ou complexe aquatique, qui est l’élément essentiel demandé par la population, pourrait être construit dans un édifice détaché de l’école, érigé sur son terrain. Ainsi, avec un minimum de bonne volonté, les enjeux de sécurité liés à son accès par des adultes durant les heures de classe serait réglé. Quant aux autres surfaces de sport (studio d’arts martiaux et de danse, raquetteball, gymnastique, trempoline, etc.) on pourrait les ajouter à ce complexe ou les scinder et les localiser ailleurs, en partenariat avec d’autres villes ou autres acteurs (comme le club de curling par exemple). À cet égard, des études objectives, qui examinent l’attrait d’offrir un programme de sports-études et épluchent les aspects financiers de toutes les options (comme celle de l’emplacement unique ou en pièces détachées), doivent être menées et ses conclusions partagées.  Rappelons justement que mener le projet en pièces détachés permettrait d’avancer au rythme de la capacité de payer des citoyens et d’augmenter les chances d’obtenir une subvention si plusieurs villes en bénéficient, surtout si le projet rallie les Montarvillois plutôt que de les diviser.  

Il nous semble qu’il a y là une approche qui rencontre les objectifs du plus grand ensemble des intervenants que nous avons entendus jusqu’ici, à savoir :

  • améliorer l’offre d’infrastructures sportives,
  • dynamiser le centre-ville,
  • conserver la vocation du Parc Rabastalière,
  • réduire les coûts par le recours au partenariat.

Un récent éditorial du journal les Versants demandait un moratoire d’une année sur ce projet. L’APSB adhère à cette idée de mise en veille du projet dans sa forme actuelle afin de se donner le temps et les moyens pour bien en examiner toutes les hypothèses et en faire une analyse financière et qualitative globale autant sous les aspects de sa construction que de son opération.

… Si seulement on pouvait se libérer de nos certitudes enfermées.

 

Association des propriétaires de Saint-Bruno (APSB)

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