Les commerces de Saint-Bruno au temps de la pandémie

Partagez!
image_pdfimage_print

Rien ne va plus pour les commerces de Saint-Bruno. Plusieurs ont dû fermer leurs portes et d’autres tentent de sauver les meubles en offrant un service de livraison et/ou «pour emporter». Plusieurs des commerces encore ouverts ont admis au journal être grandement affectés par la situation actuelle, mais certains arrivent à mieux sortir leur épingle du jeu que d’autres. Les mesures qui leur sont adressées et mises en œuvre par Ottawa, Québec et la municipalité (report des échéances de taxes) vont les aider. Mais cela sera-t-il suffisant? Une mesure mise de l’avant dans les médias sociaux et reprise par certains élus semble rallier plusieurs d’entre eux; celle de mettre sur pied un service de livraison en partage . Actuellement , chacun offre, comme il le peut, un service de livraison (en auto, à pieds, et bientôt en vélo). Cela exige de leur part beaucoup de temps et d’énergie. La mise sur pied d’un tel service chapeauté par la ville leur serait assurément d’une grande aide.

Pain dans les voiles

Quentin Locuratolo, boulanger et copropriétaire du Pain dans les voiles, confirme que la situation affecte grandement son chiffre d’affaires et dit craindre que cela empire encore. «En Europe, les boulangeries subissent parfois une diminution de 80% des ventes! J’espère qu’on n’ira pas jusque-là.» Pour maintenir le commerce ouvert il tente de trouver des solutions. Entre autres, la livraison à domicile sans contact. Mais pour les propriétaires de la boulangerie,«une chose est sûre, notre devoir est de rester ouverts pour la communauté.»

Il voit aussi d’un bon œil l’implication de la ville : «C’est certain que toutes initiatives pour aider les commerces à survivre ne peuvent qu’être bénéfiques pour tout le monde. Nous avons besoin de soutien et d’outils pour traverser cette épreuve. Je pense que l’idée (livraison en  partage») est une bonne chose, qui pourrait nous aider.»

Chocolaterie Heyez

Il est certain, affirme le maître chocolatier Hubert Heyez, que la pandémie a (et aura) un effet sur son commerce. Quel sera cet impact? «Pour le moment, je ne peux pas avancer de statistiques, car la situation change d’heure en heure.» Une partie importante de leur chiffre d’affaires provient des fêtes, et Pâques est, en termes de ventes, la plus importante de l’année. Afin d’atténuer l’impact de cette crise sur ses ventes, la chocolaterie a organisé un système de livraison et de cueillette sans contact. «Nous sommes confiants que notre clientèle va nous encourager à passer à travers cette période sans précédent.»

Au sujet d’un service de livraison en partage, la chocolaterie, étant donné la fragilité des figurines en chocolat, préfère s’occuper elle-même de la livraison.

William J Walter

Selon Marie Cailhier-Chartrand, propriétaire de la franchise William J. Walter Saucissier de Saint-Bruno, leur chiffre d’affaires se maintient grâce à une volonté de leurs clients d’encourager un commerce de proximité : «Nos clients veulent nous encourager et nous remercient d’être ouverts, alors nous maintenons le cap malgré tous les ajustements que ça apporte! »

Par contre, comme ils n’ont pas de plateforme web, un système de livraison en partage, serait pour eux le bienvenu.

Kobloth

Roxanne Kobloth, copropriétaire du vignoble du même nom et de la micro-brasserie RossStall, admet sans ambages que la situation actuelle les affecte beaucoup. Pour faire face à cette épreuve, ils ont dû faire preuve de créativité et s’ajuster à la situation «Nous avons dû nous adapter pour limiter les dégâts en transformant notre restaurant en traiteur et en offrant une livraison gratuite sans contact (…). Nous livrons différents plats cuisinés, des tables d’hôtes, du vin, des bières et des alcools.»

Ce n’est pas la première épreuve à laquelle ils doivent faire face, car il y a deux ans ils ont subi une énorme perte de 30% de leur chiffre d’affaires suite à la fermeture pendant tout l’été de la montée Sabourin et du chemin Chambly à Saint-Hubert.

Même s’ils offrent un service de livraison, les propriétaires du vignoble voient d’un bon œil la mise en place d’un service de livraison en partage: «nous sommes juste mon conjoint et moi a tout faire ici. Ça peut donc être une bonne idée que de mettre un tel service sur pied.»

La Looma

Selon Fabienne Camilleri, propriétaire de la boutique La Looma, leur chiffre d’affaires sera surtout affecté par l’annulation de l’Expo Manger Santé où la boutique expose ses produits depuis plusieurs années. Par contre, le site web que La Looma a mis en ligne en 2007 leur permet de traverser la crise, car elle y vend avec succès leurs produits dont plusieurs sont devenus très en demande : savons, gels et autres désinfectants et… des rouleaux hygiéniques en tissu…

Fabienne Camilleri dit souhaiter «que cette période, aussi insécurisante qu’elle est, conscientise encore plus de gens vers un mode de vie durable. Nous constatons une hausse de nos ventes vers ces alternatives écologiques que nous offrons, et ça, c’est un beau cadeau que nous offrons à notre planète qui profite de cette période pour se reposer un peu.»

Résilience…

Elle a appris le sens du mot «résilience» lorsqu’en 2014, elle a tout perdu suite à l’incendie de son commerce. «On a su s’en relever, j’ai découvert la signification du mot ”résilience” à ce moment-là, et c’est ce qui me donne la force d’avancer. J’ai aussi une équipe extraordinaire qui a à coeur la mission de La Looma et qui travaille très fort, et savoir qu’on aide actuellement tout plein de personnes grâce à notre entreprise est juste magique! Notre clientèle est aussi exceptionnelle et très fidèle, on reçoit tellement d’amour et d’encouragements de la part nos clients, et c’est précieux. ».

Comme les produits de la boutique sont considérés comme essentiels, celle-ci demeure ouverte. Néanmoins on y favorise les commandes en ligne, la livraison sans contact et le retrait gratuit en boutique.

Les Coconuts

Finaliste à titre d’entreprise de commerce au détail de la Chambre de commerce et d’industrie de la rive-sud, Coconuts subit les contrecoups des mesures qu’impose la santé publique et qui l’ont obligée à fermer sa boutique de produits de soins naturels. Sa propriétaire, Sarah Carey, précise que sa boutique en ligne lui permet, jusqu’à maintenant, d’atténuer les impacts de la fermeture de son magasin. Par contre, même si les ventes en ligne vont bien et qu’elles ont même augmenté substantiellement, elles ne compensent pas tout à fait ses pertes mensuelles.

Heureusement, ses produits de soins naturels et son parti pris pour des fournisseurs et des produits d’ici l’aident, car les ventes pour cette catégorie de produit dont un gel désinfectant, sont en nette croissance.

La boutique en ligne demeure ouverte selon l’horaire habituel et la livraison est GRATUITE pour les résidents(es) de Saint-Bruno. Pour Sarah Carey, la mise sur pied d’un service de livraison en partage, si elle se concrétisait, représenterait une aide précieuse.

L’appui à l’achat local, la clef pour la survie de nos commerçants

L’ensemble des commerçants locaux contactés par Le Montarvillois ont souligné l’importance que les Montarvillois favorisent l’achat local et ils ont remercié leurs clients de continuer de les encourager.

Livraison en partage, une idée qui fait son chemin…

Cette idée de livraison en partage pourrait se concrétiser rapidement et facilement si la ville en prenait le leadership. Plusieurs municipalités offrent un soutien à leurs commerces locaux lourdement touchés par la situation actuelle. Saint-Bruno pourrait, par ce moyen, apporter une aide significative à ses commerces. Pour ce faire, elle pourrait louer des véhicules ou mettre à la disposition de ce service certains de ses véhicules et engager un ou deux employés pour offrir temporairement ce service selon des modalités convenues avec les commerçants. Et qui sait, les commerçants pourraient décider, une fois la pandémie terminée, de maintenir à leurs frais ce service?

Le site de la ville pourrait être mis en contribution

Une autre initiative peu coûteuse qui pourrait aider nos commerçants serait de leur dédier un espace de son site internet. On y retrouverait une liste de commerçants qui s’y seraient inscrits, par secteurs d’activité, avec un descriptif de leurs services et produits, leur horaire, un lien vers leur site internet. Actuellement, il n’est pas facile pour les citoyens et pour les nouveaux résidents en particulier de connaître toutes les entreprises locales et ce qu’elles peuvent nous offrir.

L’après-pandémie…

Il est probable que cette pandémie marquera un tournant dans nos habitudes d’achat. Espérons que l’achat local continuera à se développer et à se maintenir une fois cette crise terminée… Mais l’habitude prise d’acheter des produits en ligne sera aussi là pour durer. Déjà le commerce en ligne explose et les entreprises qui offrent ce service arrivent à mieux s’en sortir malgré la fermeture de leur magasin «terrestre». Il deviendra donc important que les commerces qui n’ont pas de site marchand comblent leur retard.

Pour terminer, je me joins à Quentin Locuratolo pour «souligner le courage de tous les travailleurs essentiels, qui continuent de travailler dans des conditions relativement anxiogènes. Sans eux, plus aucune entreprise ne pourrait fonctionner.»  Merci!

Montarvillois, ça va bien aller….

Alain Dubois

Un groupe Facebook pour connaitre les commerces ouverts et les services offerts: Pandémie: commerces ouverts à Saint-Bruno-de-Montarville

AUSSI:  Le bottin de l’achat local à Saint-Bruno

Photo front page: Alain Dubois (copy left)

Affichez
Cachez
WP2Social Auto Publish Powered By : XYZScripts.com