Lettre de désespoir: La commission scolaire des Patriotes néglige ses élèves avec des besoins particuliers

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Martin-Claude Le Blanc, Président sortant, Comité consultatif des services aux enfants en difficulté d’apprentissage et d’adaptation, Commission scolaire des Patriotes
Sainte-Julie, 12 septembre 2017
Mme Hélène Roberge, Présidente, Commission scolaire des Patriotes
Bonjour,
Après réflexion, j’ai décidé de quitter la présidence du Comité consultatif des services aux élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation (CCSEHDAA) et de ne pas renouveler mon mandat de parent sur le comité. La présente lettre est pour vous lancer un cri du cœur, dans l’espoir de voir des changements dans les années à venir pour le CCSEHDAA, mais surtout pour les services aux élèves qui en ont de besoin.
DIFFÉRENCE ENTRE LES SERVICES OFFERTS ET LES SERVICES REQUIS

Une des choses qui m’a le plus surpris durant mon implication au sein du CCSEHDAA, était l’incapacité de la commission scolaire à nous indiquer combien d’élèves n’étaient pas en mesure de recevoir les services requis. Selon elle, tous les élèves recevaient les services pour répondre à leurs besoins. Le Ministre de l’éducation a débloqué des fonds supplémentaires pour engager des spécialistes pour les services aux élèves HDAA. Comment la commission scolaire peut-elle prétendre savoir quel type de professionnel et combien en engager, si elle ne sait pas ce qui manque? Même si cette question était posée par les médias au printemps 2017, il est devenu clair pour moi que la commission scolaire ne veut pas connaître cette donnée.

 

Le CCSEHDAA a tenté une première fois en avril 2016, puis une deuxième fois en février 2017, de faire réaliser à la commission scolaire l’importance de savoir quels étaient les besoins non comblés des élèves HDAA. Les réponses reçues en juin 2016 et mai 2017 étaient une insulte à notre compétence et à notre implication de parents sur le CCSHEDAA. La question est pourtant très simple : quelle est la différence entre les besoins comblés et les besoins réels des enfants? Non seulement les réponses obtenues renvoient à des concepts vagues de mesures de rendement qui ne permettent pas de répondre, mais en plus, la commission scolaire a rejeté la faute sur les directions d’écoles.
Pourtant, l’organisation des services éducatifs relève de la commission scolaire et non des écoles. L’application de l’organisation des services éducatifs se fait dans les écoles, mais la planification de celle-ci se fait au niveau de la commission scolaire. Sinon, pourquoi les départements du Service des ressources éducatives et du Service de l’organisation scolaire sont aussi gros? C’est à la commission scolaire de répondre à la question pour son territoire : combien d’élèves n’ont pas accès à des services? Les services donnés sont inscrits dans le plan d’intervention de l’élève et la commission scolaire peut se vanter que tous les besoins sont comblés. Mais la réalité reste que les besoins qui ne sont pas comblés ne figurent nul part, et la commission scolaire ne veut pas le savoir.

INDICATEURS DE PERFORMANCE

Je me souviens d’une autre déception envers le CCEHDAA. C’était lors des toutes premières rencontres pour moi en 2015. Ce que je croyais être une simple question, a vite découlé vers l’envers du décor. Il était question d’allocations financières. J’ai tout simplement demandé quels étaient les indicateurs de performance pour déterminer si une mesure fonctionnait. La réponse que j’ai reçue? «Regarder dans le rapport annuel de la commission scolaire». Étant incapable de trouver la réponse dans le rapport annuel, je suis revenu à la charge lors de la rencontre suivante. Sachant très bien que le nombre d’orthophonistes au sein de la commission scolaire ne permet de faire que du dépistage précoce sans suivi après la première année, j’ai demandé ce qui justifiait d’avoir autant d’orthopédagogue, mais si peu d’orthophoniste. «Comment savez-vous si le ratio est le bon?» Je n’ai jamais eu de réponse, outre le traditionnel «la commission scolaire injecte plus d’argent aux services pour les élèves HDAA que l’enveloppe qu’elle reçoit à cette fin du Ministère.» Certes, mais si cet argent n’est pas investi correctement, à quoi bon? J’ai bien vite réalisé qu’il n’y avait pas d’indicateurs, et que les références auxquelles on m’envoyait n’énonçaient que de vagues concepts, mais aucune application directe. Cette absence d’indicateurs de performance ou de mesures de rendement concrètes ne permet pas au CCSEHDAA de remplir son rôle de donner son avis, car il n’y a pas de données concrètes pour lui permettre de le faire.

LES DEMANDES DU CCSEHDAA NE SONT PAS ENTENDUES

Dans d’autres situations, il a été assez clair pour moi que les demandes du CCSEHDAA n’étaient pas entendues par la commission scolaire. Une simple demande qui fut rejetée à deux reprises est celle de faire un sondage pour évaluer le besoin d’un service de garde au secondaire pour les élèves handicapés. Non pas de mettre en place un tel service, mais de faire un simple sondage! Cette demande a été présentée la première fois en janvier 2016 et une seconde fois en juin 2017. Ce refus était tellement insensée qu’il a nécessité une réponse écrite d’insatisfaction du comité en février 2016. Des organismes communautaires seraient prêts à offrir un tel service s’il y a de la demande, mais la commission scolaire ne veut pas savoir s’il y a de la demande.
Une autre occasion manquée de montrer que le CCSEHDAA a l’oreille de la commission scolaire, aurait été d’intégrer la modification « de soutenir tout au long de son parcours » aux valeurs de la commission scolaire, que le comité a présentée dans le cadre de la consultation sur le nouveau Plan d’engagement vers la réussite. Ce refus a été une déception pour tous les parents du comité.
Par cette lettre, j’espère que la commission scolaire réalisera qu’elle a manqué plusieurs occasions d’améliorer les services offerts aux élèves HDAA. Quand je vous entends dire qu’il faut soutenir une culture d’engagement des parents en lien avec la réussite de leur enfant», je trouve que c’est un très beau principe. Il est plus que temps de passer de la parole aux actes, et la commission scolaire aurait beaucoup à gagner à écouter ce que les parents des élèves HDAA ont à dire, surtout quand ils s’impliquent dans le CCSEHDAA.
Bien à vous,
//signé//
Martin-Claude Le Blanc[roksprocket id= »46″][roksprocket id= »46″][roksprocket id= »46″]
Président sortant,
Comité consultatif des services aux enfants en difficulté d’apprentissage et d’adaptation, Commission scolaire des Patriotes
  • Copie conforme interne :
  • Membres du Conseil des commissaires
  • M. Luc Lapointe, Directeur général intérimaire
  • M. Normand Boisclair, Président du Comité de parents
  • Membres du CCSEHDAA
  • Copie conforme externe :
  • M. Sébastien Proulx, Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport
  • M. Simon Jolin-Barrette, Député de Borduas
  • M. Jean-François Roberge, Député de Chambly
  • Mme Nathalie Roy, Député de Montarville
  • M. Stéphane Bergeron, Député de Verchères

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