Limiter l’afflux de visiteurs aux entrées du Parc national en restreignant son accès aux Montarvillois n’est pas une mesure acceptable

Le conseil de ville de Saint-Bruno s’apprête à prendre des mesures pour limiter la circulation et le stationnement sur les rues qui donnent accès au Parc national du Mont-Saint-Bruno. Or, de nombreux Montarvillois qui n’habitent pas à proximité stationnent sur ces rues afin d’accéder au parc par ces entrées secondaires. La mesure réglementaire proposée est liée à une surutilisation de ces rues par des non-résidents, qui sont très nombreux en ces temps de pandémie à fréquenter le parc et qui y stationnent leur automobile.

Ludovic Grisé Farand

Les modifications proposées par le comité de circulation, sur lequel siège le conseiller et candidat à la mairie Ludovic Grisé Farand, interdiraient le stationnement sur les rues concernées, sauf pour les résidents propriétaires de vignettes et ce, jusqu’à 350 mètres de chacune des entrés secondaires du Parc qui se trouvent sur le territoire de la municipalité.

S’il était adopté par le conseil de ville, le règlement aurait pour conséquence de limiter l’accès au parc à l’ensemble des citoyens de Saint-Bruno-de-Montarville, du moins à ceux qui n’habitent pas près des entrés secondaires du Parc et qui doivent s’y rendre en voiture. Entre autres, les familles avec de jeunes enfants, les personnes âgées ou à mobilité restreinte, etc.

La modification réglementaire a pour but d’amener, non seulement les non-résidents mais aussi les résidents, à utiliser l’entrée principale lorsqu’il se rendent au parc en automobile. Par conséquent, les montarvillois devront faire la file (souvent entre 15 et 30 minutes) comme les non-résidents pour y entrer et ce, avec le risque de se heurter à une barrière qui en interdit l’accès si le stationnement est utilisé à pleine capacité, comme c’est souvent le cas depuis le début de la pandémie.

Paradoxalement, la Ville encourage l’accès au Parc national pour ses citoyens en leur offrant un accès à tarif réduit, et de l’autre coté, elle pourrait voter en faveur d’une mesure qui en limiterait l’accès…

Les entrées secondaires au parc transformées en débarcadère?

Mais est-ce que cette mesure va vraiment régler ce problème bien réel et source d’une perte de qualité de vie pour les résidents des secteurs concernés? Peut-être… Mais peut-être pas, puisque les résidents et non-résidents risquent de se servir des entrées secondaires pour y faire descendre leur famille et aller se stationner plus loin (350m), ce qui risque d’entraîner une augmentation de la circulation et un problème de stationnement qui se déplacera sur les rues où il sera permis de le faire.

Trouver le bon compromis…

La recherche de solutions acceptables pour l’ensemble des citoyens de Saint-Bruno semble écartée par le comité de la circulation. Pourtant elles existent et mériteraient d’être envisagées. Dans le groupe «Saint-Bruno-de-Montarville d’hier à aujourd’hui», j’ai émis une suggestion qui a reçu de nombreux appuis. Celle que la ville émette des vignettes de stationnement aux Montarvillois (sous preuve d’un abonnement annuel au parc?) qui leur permettrait de garer leur automobile dans les rues limitrophes aux entrées secondaires du parc. Cette mesure limiterait l’accès à ces entrées aux non-résidents, et ce, même lorsque la pandémie sera terminée. Un citoyen a aussi mis en relief que ces entrées sont présentes sur les cartes du Parc national, ce qui encourage les non-résidents à les utiliser afin d’y accéder lorsque le parc est fermé (nombre d’utilisateurs atteint, stationnement rempli à pleine capacité) et/ou pour certains, d’éviter de payer les droits d’entrée. La demande de retrait des entrées secondaires sur les cartes du parc est aussi recommandée par le comité de circulation. Ces entrées secondaires ne sont là qu’afin de permettre aux Montarvillois d’accéder facilement au parc.

D’autres solutions de compromis ont été avancées dans la page du groupe. Claudine L’Heureux et Josée Rhoades proposent qu’à court terme (du moins pendant la pandémie), on doive simplement interdire le stationnement dans les rues. Hugues Bonnet suggère que l’on utilise le terrain de la Ville à l’entrée du Parc sur Clairvue pour y aménager un stationnement réservé aux Montarvillois. Celui-ci serait pollué par des insecticides et pesticides utilisés à l’époque par les Frères Saint-Gabriel.

Isabelle Bérubé

Parmi les élus membre de ce groupe Facebook, seule la conseillère et candidate à la mairie pour le parti Ensemble Saint-Bruno, Isabelle Bérubé, a participé à cette discussion. En réponse à un commentaire, elle a écrit:

« Il faut voir si la solution proposée par Alain Dubois (une sorte de vignette pour tous les résidents) serait recevable. Tant mieux si c’est le cas. Ce pourrait être une carte multi-usages qui serve de vignette. » La recherche d’un compromis « C’est l’objectif visé par la proposition de monsieur Dubois. En tout cas, pour le moment c’est géré au cas par cas et en fonction des particularités des quartiers. Une solution mur à mur est-elle souhaitable? À lire les différents commentaires, j’en arrive à la conclusion que peu importe la solution, elle ne sera pas parfaite ni à la satisfaction de tous. »

Isabelle Bérubé a mentionné au journal qu’il était nécessaire que Saint-Bruno se dote d’une politique pour l’ensemble des zones contiguës au parc. « Les demandes sont pour l’instant traitées au cas par cas ce qui en plus de solliciter le temps du comité circulation entraîne également des incongruités (…) Les demandes des résidents sont légitimes et celles de gens qui veulent se stationner le sont aussi… il faut trouver le bon compromis ».

Entrée secondaire au Parc National du Mont-Saint-Bruno, rue Clairevue est

Le mont Saint-Bruno

Le mont Saint-Bruno est en très grande partie sur le territoire de la Ville. Celle-ci récolte des taxes provenant des résidences et des commerces qui se trouvent dans le parc. Elle est responsable de l’exécution de divers travaux tel l’entretien des digues. Historiquement, le territoire que le parc national occupe sur le mont Saint-Bruno était, avant qu’il soit intégré au réseau des Parcs nationaux, partie prenante de la Ville. Il me semble donc un peu normal que les Montarvillois aient un accès privilégié au Parc et ce, même si celui-ci est administré par la SEPAQ. Il serait incongru que la Ville en réduise l’accessibilité à ses citoyens pour des motifs, qui de toute évidence, sont principalement circonstanciels.

Mesure inappropriée de la SEPAQ

Il est aussi inapproprié, surtout en cette période de pandémie où l’augmentation de l’achalandage au parc a explosé de 40%, que la SEPAQ offre des tarifs réduits aux citoyens de municipalités non limitrophes au mont Saint-Bruno, comme elle l’a fait dernièrement pour Chambly qui se trouve à 20km de l’entrée du parc (Montréal est à 22km)!

Trouver une solution acceptable pour tous…

On dit que gouverner est l’art du compromis. J’espère que nos élus prendront en compte cette maxime. Il faut trouver une solution pour réduire la circulation et le stationnement aux entrées du parc (Clairevue et autres) sans pénaliser le reste de la population. Le problème est réel et affecte les citoyens de ces rues, mais il y a sûrement d’autres alternatives à l’interdiction de stationnement.

Chronique municipale (texte d’opinion): Alain Dubois
Photo à la une: Géraldine Faure / Photo: Isabelle Bérubé: Donat Boivin / Photo Ludovic Farand Grisé: page Facebook de LFG

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