Mon année Salinger du Montarvillois Philippe Falardeau: Doux, élégant et touchant

Mon année Salinger, le film de Philippe Falardeau prendra l’affiche le 5 mars. Khalil Essadik nous donne ses impressions sur celui-ci et s’entretient avec le cinéaste.

Adapté des mémoires de l’écrivaine Joanna Rakoff et se déroulant à New York en 1996, le film place notre jeune héroïne fraîchement sortie de l’université dans l’une des plus anciennes agences littéraires de la ville comme assistante de l’imposante Margaret (jouée par Sigourney Weaver) qui insiste pour que le personnel utilise toujours des machines à écrire et considère les ordinateurs avec un certain mépris. 

L’une de ses principales tâches consiste à répondre à une grande quantité de courriers destinés à JD Salinger; le célèbre et mystérieux auteur surtout connu pour “L’attrape coeur, 1951”. Attention, le film ne tourne pas autour de Salinger. Cependant, son esprit et son aura nous accompagnent tout le long du récit.

Conformément à la politique de l’agence, il lui est donc demandé d’envoyer une réponse générique aux fans. Politique à laquelle elle va naturellement déroger en envoyant certaines réponses personnelles. Pour ajouter à notre plaisir, Falardeau a décidé de faire jouer ces lettres à la caméra. Vous allez sans aucun doute aimer cette approche.

En parlant avec M. Falardeau, je voulais savoir ce qui l’a inspiré pour traiter cet élément de cette façon.

“Dans le livre cet élément était central, je ne voulais pas filmer ça en voix off ça ne lui aurait pas rendu justice. C’était une inspiration du moment.”

En dehors du travail, Joanna tombe dans une relation avec Don, un jeune socialiste qui caresse le rêve d’être un écrivain. Elle emménage avec lui dans un appartement qui laisse à désirer.

On la voit évoluer tranquillement et agréablement dans ce milieu littéraire et dans cette ville à la poursuite de sa destinée. 

On ne vise pas l’intensité dans ce film, la tension monte doucement et lentement jusqu’à la fin.  Le tout est très attachant.

Au début du film, on établira probablement des comparaisons avec Le diable s’habille en Prada. Mais ça ne durera pas longtemps. Le film a sa propre personnalité et ce, même si d’ici et là on peut soupçonner ce qui a pu inspirer Philippe Falardeau.

Pour moi le style, la narration et le rythme m’ont procuré autant de plaisir que “Le fabuleux destin d’Amélie Poulain”. Rien de moins. La distribution est alléchante, le jeu d’acteur (tous les acteurs) est juste, les images (tournées en partie à Montréal) nous plongent dans l’époque (peut-être même avant cette époque) et le tout est cohérent et agréable à voir et à écouter.

Si vous vous attendez à quelque chose de spectaculaire, vous serez déçus. Si vous êtes d’humeur à voir un bon film pas trop lourd, pas trop vite et plaisant, vous serez servis.

En résumé, c’est un film doux, élégant et touchant où on passe un très bon moment à le regarder.

Le cinéaste Philippe Falardeau

Entretien avec Philippe Falardeau

Quant à savoir si le réalisateur lui-même est satisfait du résultat, la réponse est un peu plus nuancée

Je vous ai entendu dire: on est aussi bon que son dernier film. Comment vous vous sentez en ce moment? êtes-vous satisfaits?

Il y a quelques années, l’un de mes films n’a pas été très bien accueilli. Quand ça arrive ça a un impact sur la production des projets à venir. Donc quand on fait un film, ce n’est pas vrai qu’on fait juste ce que ça nous tente. On essaie aussi de chercher un plus large public. J’attends donc leur accueil avec une certaine appréhension.

Pourtant, j’ai lu les critiques et plusieurs sont très bonnes

Je me méfie autant des très bonnes critiques que des très mauvaises. Si je dois écrire une critique je sais exactement où je vais appuyer. J’aime les critiques quand elles émanent d’un dialogue. Comme on est en train de faire maintenant.

En dehors du film, on a appris que P. Falardeau est Montarvillois depuis quelques mois.

Qu’est-ce qui vous a amené dans notre chère ville? Comment vous appréciez la vie ici. 

C’est un peu la pandémie qui nous a amené ici. Avec une fille de 14 ans, c’est beaucoup mieux. Ma conjointe a déjà vécu à St-Bruno. Aussi la vieille architecture de certaines maisons ici nous plait beaucoup. Tout ça nous a incité à nous établir ici.

On est très content de notre choix. Je n’exclue pas de retourner un jour en ville mais pour le moment nous apprécions beaucoup notre vie ici.

Achetez-vous local? Est-ce que les Montarvillois pourraient vous croiser à l’épicerie du coin?

On est à fond local, on fait nos courses ici, on achète au restaurant ici les vendredis et chaque matin je prends mon café sur la rue Montarville. Je prends certaines habitudes que j’avais sur le plateau (Mont-Royal)

Le film

Mon année Salinger de Philippe Falardeau, prendra l’affiche dans les cinémas du Québec le 5 mars. Il sera également disponible en Vidéo sur demande sur les plateforme: Rogers, Shaw, Telus, Bell, Vubiquity, Illico, Cogeco, iTunes/AppleTV, Sony, Microsoft, Cineplex, Google et Hoopla.

Rappelons que le film, a connu sa première mondiale en tant que film d’ouverture de la 70e Berlinale en février 2020 et qu’il sera distribué dans de très nombreux pays et territoires (États-Unis, Amérique du Sud, Japon, Chine, Corée, Russie, Royaume Unis, et partout en Europe, entre autres). Mon année Salinger a connu récemment une première sortie en salle des plus prometteuses en Australie, où il a figuré dès la première semaine d’exploitation dans les meilleures recettes au guichet. 

Le film met en vedette Margaret Qualley (Once Upon a Time… in Hollywood) et Sigourney Weaver (lauréate de deux Golden Globes et trois fois finaliste aux Oscars, notamment pour son rôle dans la saga Alien). Douglas Booth (The Riot Club), Seána Kerslake (The Hole in the Ground), Brían F. O’Byrne (Million Dollar Baby), Colm Feore (Bon Cop, Bad Cop 1 et 2), Théodore Pellerin (Genèse, Chien de garde) et Yanic Truesdale (Gilmore Girls, Les mecs) complètent la distribution dans les rôles principaux.

Pour en savoir plus sur ce nouveau Montarvillois et réalisateur de Monsieur Lazhar, je vous invite à écouter cet entretien avec Marie-Louise Arsenault et l’entrevue qu’il a accordé à Magali Simard (dans Le Montarvillois)

Khalil Essadik

Le Montarvillois, le journal hyperlocal de Saint-Bruno-de-Montarville

Photos de plateau du Montarvillois Philippe Bossé (courtoisie)

Photo de Philippe Falardeau: Julie Artacho (courtoisie)


Saint-Bruno-de-Montarvile d’hier à aujourd’huile plus important groupe Facebook exclusivement dédié aux Montarvillois

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