Plainte d’une citoyenne: le conseiller Jacques Bédard persiste et signe

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Le 28 août dernier, le journal publiait un article sur la plainte à la commission municipale du Québec d’une citoyenne de Saint-Bruno-de-Montarville, Mme Eve Poirier, envers le conseiller municipal du district 7 (centre-ville), M. Jacques Bédard. Au moment de sa publication, nous n’avions pas eu de retour à notre demande d’entrevue de la part de M. Bédard. Or, quelques jours plus tard, nous recevions des réponses à notre première série de questions. Nous avons relancé le conseiller avec d’autres questions qui sont elles demeurées sans réponse, mais que vous trouverez plus bas. 

Rappelons que Mme Poirier a été l’instigatrice de l’initiative citoyenne «Sauvons le Lac du Village et le Lac du Ruisseau». Dans ses réponses le conseiller Bédard persiste et signe… Puisqu’il s’en tient à ce qu’il avait dit lors de son intervention à la séance du conseil du 29 juin et qui faisait suite à la lecture de la demande d’excuses publiques et de rétractation que lui avait adressé Mme Poirier.

Lors de la séance du conseil qui a suivi, vous avez refusé de vous excuser publiquement pour les propos que vous avez tenus à l’endroit de Mme Poirier, entre autres, en l’associant au parti Montarvillois. À cette occasion, vous aviez mentionné que vous n’aviez pas enfreint le code d’éthique des élus et que vous n’aviez simplement fait que votre devoir de conseiller. 

«Si vous avez pris le temps d’écouter mes propos, j’ai voulu mettre en perspective les pratiques du parti Montarvillois. Certes il est noble que des citoyens décident de s’impliquer pour une cause. Ce que j’ai reconnu dans la même séance du conseil lors de la parole aux élus. Cependant lorsque des élus profitent de l’intérêt citoyen pour mousser un dossier ou sujet pour lequel ils seraient en mesure de faire des gains politiques, c’est là que je crois mon devoir de dénoncer.» 

«Le fait de transmettre à des citoyens des informations non publiques, dont seuls le maire et les élus de son parti étaient au courant est à mon avis une forme de manipulation purement politique pour mousser le mouvement. Ici je fais référence au rapport des recommandations du CCE qu’ Isabelle Bérubé a transmis au conseil, à la demande expresse des membres du conseil de ville.» 

Maintenez-vous aujourd’hui encore cette position? Ne pensez-vous pas que Mme Poirier aurait mérité des excuses de votre part?

«Le choix de mes mots ont-ils été non éthiques, ce sera à la commission d’en juger. Au final il est important d’informer les citoyens d’êtres plus clairvoyants lorsqu’un élu leur offre de les aider en leur fournissant de l’information non vérifiable sur les plateformes publiques comme le site web de la ville. Je n’ai donc pas à m’excuser auprès de personne pour avoir fait cette mise en garde par association.»


Voici l’autre série de questions qui ont été transmises au conseiller Jacques Bédard et pour lesquelles le journal n’a pas obtenu de réponse. 

Vous affirmez que Mme Poirier a eu accès à des informations confidentielles, entre autres le rapport du CCE; sur quelle base vous vous appuyez pour faire cette affirmation? Mme Poirier a toujours nié avoir eu en sa possession ce rapport ou tout autre document confidentiel. D’ailleurs, elle le demande en vain depuis le jour un de sa démarche. Et encore le 25 août dernier… Si elle l’avait, pourquoi elle le demanderait? Ne pensez-vous pas que de toute façon, ces documents et rapports devraient être rendus publics? 

Mme Poirier vous a contacté pour vous mettre au courant de ses démarches, et ce depuis le début (vous êtes son conseiller). M Grisé a aussi été très actif sur la page du groupe de Mme Poirier. Il a même repris et présenté au conseil, sans presque rien y changer, la proposition de plan d’action en faveur de la protection du lac que Mme Bérubé avait rendu public. Vous ne pensez pas qu’il puisse s’agir là aussi d’une manipulation (récupération) politique à des fins partisanes et/ou qu’il espérait lui aussi faire des gains politiques à travers cette cause? 

Mme Bérubé, contrairement à M. Grisé, s’intéressait déjà depuis un certain temps au lac du village. Ne pensez-vous pas que dans ce contexte, il était un peu normal que Mme Bérubé, une experte scientifique en environnement, s’intéresse et appuie la démarche de Mme Poirier? 

Mme Poirier ne connaissait pas grand-chose à la politique municipale de Saint-Bruno avant qu’elle ne décide de s’impliquer dans la cause de la sauvegarde du lac. Était-il pertinent de vous en prendre ainsi à une simple citoyenne? 

Advenant un blâme/réprimande de la CMQ pour des comportements et propos contraire à l’éthique, envisagez-vous de démissionner? 

Les disputes de politiciens sont une chose, mais c’est tout de même assez inusité qu’un conseiller s’en prenne de cette façon à une citoyenne dont la démarche apolitique est sérieuse et bien documentée. En cela cette plainte, est, à mon point de vue, bien différente de celles qui concernent le maire et d’autres conseillers.

Alain Dubois

LeMontarvillois.com

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