Saint-Bruno-de-Montarville: 100 participants à la 2e manifestation contre le crématorium

Même si le temps était radieux et que l’annonce de la manifestation avait été relayée par les journaux locaux et les médias sociaux, il n’y avait que 100 manifestants (20 de plus que la dernière fois), dont plusieurs familles, qui ont répondu à l’appel de la COCARH (Citoyens opposés aux crématoriums adjacents aux résidences et habitations) et parcouru pour une 2e fois en deux semaines les rues de Saint-Bruno-de-Montarville. Tout le long de leur parcours, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à la présence d’un crématorium à proximité d’un quartier résidentiel.

Dans un discours de clôture à la manifestation, le porte-parole de la COCARH, Robert Forget, a vertement critiqué la gestion de la ville et son mutisme dans ce dossier ainsi que le refus des élus de rencontrer les représentants de l’organisme. Il a aussi souligné les dangers à la santé que représente, selon l’organisme, la présence d’un crématorium attenant à un quartier résidentiel. Robert Forget a aussi cité l’exemple d’une ville du Wisconsin où la présence d’un crématorium avait entraîné une baisse pouvant atteindre 30% de la valeur des propriétés situées à proximité d’une telle installation.

La COCARH et les citoyens de Saint-Bruno qu’elle représente exigent que la Ville refuse à la COOP son permis de construction en alléguant que le jugement favorable à la COOP émis le 31 janvier dernier par la juge K.A. Desfossés ne précisait pas que le permis devrait être accordé par celle-ci, mais que «la demande d’émission du permis de construction doit retourner à la Ville afin qu’elle suive son cours ». Selon la COCARH, «La juge a ordonné à la Ville de procéder au traitement de la demande de permis, mais surtout pas au détriment du respect des règlements municipaux et des lois en vigueur.»

Le chef du parti «Équipe citoyens d’abord» Ludovic Grisé Farand était présent parmi les manifestants afin de leur apporter son soutien. Puisqu’il n’était pas encore élu au moment où le processus suivait son cours, il est le seul conseiller à ne pas avoir voté en faveur de la plupart des étapes du projet de la coop funéraire. Ce dernier, depuis qu’il a quitté la scène de la politique provinciale (candidat du PLQ dans Montarville), a appuyé, à l’exception de l’opposition au projet du promoteur immobilier COGIR dans l’îlot Natrel, la plupart des dossiers et causes qui trouvaient écho chez les citoyens et dans les médias: annonce d’une clinique médicale (GMF) à Saint-Bruno (ne s’est pas encore concrétisé); opposition au projet de complexe sportif au parc Rabastalière, appuis à la protection de la forêt Des Hirondelles, du boisé des Tilleuls (dans son district) et du Lac du Village. Son soutien aux opposants du crématorium représente une cause de plus à cette liste déjà longue.

La position de la COOP

On se rappellera que la Coopérative funéraire avait acheté ce terrain conditionnellement à l’accord de la Ville pour son projet et que celle-ci avait approuvé toutes les étapes de celui-ci, et ce jusqu’au moment où des résidents du secteur concerné s’y sont opposés. Récemment, son porte-parole, Frédéric Tremblay, a précisé au journal et sur sa page Facebook, que la Ville ne lui avait jamais fait de réelle offre d’un terrain alternatif «La CFGM a reçu une seule suggestion préliminaire et tardive de terrain alternatif le 28 novembre 2020, au lendemain du dépôt de notre requête en dommages contre la municipalité. Et, par ailleurs, nous n’avons jamais reçu de proposition de la Ville pour racheter notre terrain de Saint-Bruno (situé au 5, rue Parent). Cette suggestion de terrain alternatif du 28 novembre 2020 ne répondait à aucun prérequis essentiel pour établir un crématorium: le terrain n’était pas zoné crématorium, il était trop exigu et il ne disposait d’aucun accès routier» .

Selon la COOP, la Ville n’a jamais discuté et entamé des négociations en vue d’un règlement à l’amiable. Pour la COOP, «La question d’un terrain alternatif n’aurait constitué que l’un des points qui auraient dû faire partie d’une éventuelle entente de règlement. Pour arriver à un tel accord, il aurait aussi fallu couvrir: la question des coûts additionnels importants qui seraient engendrés par la nécessité de revoir en profondeur notre projet pour l’adapter aux conditions d’un nouveau site; les compensations financières relativement au terrain déjà acquis par la coopérative en février 2019 au coût de près d’un million de dollars; les dommages subis en raison des délais provoqués par le refus de la municipalité d’accorder notre PIIA et notre permis de construction à l’automne 2019.» Ce type d’accord représenterait pour la Ville un montant de plus de deux millions de dollars…

Aux yeux de la COOP, elle a respecté l’ensemble du processus exigé par la Ville et elle est dans son droit de construire son complexe funéraire sur ce terrain. Elle demande donc que son permis de construction lui soit accordé sans délai et qu’elle mette fin à toute tentative d’obstruction à son projet.

La Ville fautive?

Ce qui ressort des positions de la COCARH et de la COOP et du jugement c’est que la Ville serait la principale fautive dans ce dossier. D’une part en ayant donné son aval au projet sans consulter les résidents du secteur concerné et en autorisant les changements initiaux nécessaires pour que la COOP acquière le terrain (une offre d’achat qui était conditionnelle à l’accord de la Ville) même si, semble-t-il, cela contrevenait à certains règlements en vigueur et au zonage (commerce de proximité). D’autre part, en refusant de traiter la demande de permis de construction de la COOP pour son projet de centre funéraire. D’un côté comme de l’autre, la Ville est coincée… Comment se sortira-t-elle de ce bourbier?

Journaliste: Alain Dubois

Photo à la une : Khalil Essadik

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