Pourquoi Saint-Bruno est le «village de gaulois» qui résiste le mieux à la pandémie dans l’agglomération de Longueuil.

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Je vais émettre avec vous des hypothèses qui expliquent la situation exceptionnelle dans laquelle notre ville se trouve.

La première est la distance géographique avec Montréal et Longueuil

Bien que Saint-Bruno-de-Montarville ne se trouve qu’à une vingtaine de minutes de  Montréal, elle demeure une ville de la troisième couronne de la métropole du Québec. Est est la seule municipalité de la 2e couronne de Longueuil à avoir été forcée de fusionner à cette dernière, et suite à sa défusion, à être contrainte  d’adhérer à l’agglomération. Ce n’est pas un fait aussi banal qu’il peut y paraître, car Saint-Bruno a été historiquement la porte d’entrée de la vallée du Richelieu. 

Saint-Bruno ne partageait quasiment aucun service avec Longueuil et ses liens avec les autres villes et services publics de la vallée du Richelieu – services de santé (CLSC), Commission scolaire, loisirs & sports, Chambre de commerce (etc.) étaient (et sont toujours) tissés serrés.  Par conséquent, la population, y compris les plus jeunes, ne fréquente quasiment pas (ou peu) les écoles, centres sportifs et de loisir, équipes de sports, CLSC et hôpitaux (etc.) de l’agglomération de Longueuil.   Cette réalité historique, culturelle et géographique explique en partie notre situation enviable dans la pandémie qui frappe de plein fouet la grande région de Montréal et la Montérégie. En résumé, nous avons  moins de contacts, dans tout ce que cela implique ici de positif, avec la ville centre de l’agglomération que les autres municipalités qui en font partie.

La deuxième est la présence d’un véritable centre-ville 

Contrairement à la plupart des villes de la Montérégie et de la vallée du Richelieu, Saint-Bruno-de-Montarville s’est dotée  d’un plan d’urbanisme dès 1962. Par conséquent, elle a refusé le développement résidentiel et commercial sauvage typique de la Rive-Sud de ces années et de voir son centre-ville coupé en deux par la route 9 (aujourd’hui la 116).  Grâce à cette clairvoyance de nos élus de l’époque, nous avons hérité d’un magnifique centre-ville qui a su, jusqu’à maintenant, conserver tant bien que mal son caractère villageois si précieux pour les Montarvillois. Dans le coeur de la ville, nous retrouvons deux supermarchés de moyenne superficie ainsi que des commerces de proximité et un aréna. À la limite, nous pouvons tout faire à distance de marche. Les gros commerces et grandes surfaces sont tous en périphérie et presque exclusivement situés aux Promenades Saint-Bruno.  Les Montarvillois vivent donc une certaine distanciation sociale au quotidien, pandémie ou pas.  Il n’y a pas cette proximité obligée que l’on retrouve dans la plupart des autres villes. De plus, Saint-Bruno est sans doute la municipalité la moins densément peuplée de l’agglomération. Son parc résidentiel est principalement composé de résidences unifamiliales et les trop peu nombreux logements locatifs et de type condo sont concentrés dans des lieux dédiés, principalement à l’entrée de la ville (De Chambly, Des Tilleuls , Seigneurial, Dunant, Gauthier, etc). Cette faible densité d’occupation du territoire, que la CMM voudrait corriger, est en cette période de pandémie un réel avantage.

Le faible nombre de CHSLD et RPA

La plupart des villes de l’agglomération qui sont aux prises avec d’inquiétants taux de citoyens infectés par le virus COVID-19 et la mortalité qui lui est reliée, abritent plusieurs résidences pour personnes âgées (RPA) et CHSLD c’est, entre autres le cas pour Saint-Lambert et Longueuil. Saint-Bruno n’a, sur son territoire, qu’un seul CHSLD et une seule RPA qui du reste, semble bien gérée.  Voilà une réalité qui fait une grosse différence et cela aurait été  probablement bien différent si nous avions une autre RPA (avec ses employés) et si celle-ci, de surcroît, se trouvait dans l’îlot du Centre Ville  où se situe la majorité des commerces de la ville!  Et, il n’est pas dit que de notre vivant nous ne serons pas confrontés à une autre pandémie (lire à ce sujet cet article de la SRC).

La discipline des Montarvillois 

Comme je l’écrivais dans une précédente chronique, je fais de longues marches plusieurs fois par semaine et je constate que la très grande majorité des citoyens respecte la distanciation sociale demandée. Oui, il y a des exceptions, mais ceux qui ne la respectent pas sont surtout des enfants, des adolescents et de jeunes adultes… Cette grande discipline des Montarvillois dans le respect des consignes contribue assurément  à  maintenir notre bas taux d’infection au virus.   D’ailleurs, la  proposition (avis de motion) présentée par l’agglomération de Longueuil au Conseil municipal et qui imposerait de très lourdes amendes aux citoyens fautifs ne correspond pas du tout à la réalité de notre ville, qui rappelons-le, a le plus faible taux de contamination au COVID-19 de l’agglo. C’est un peu comme si l’on voulait tuer un moustique avec une masse. L’éducation et des sanctions mesurées demeurent, pour l’instant, dans notre ville, encore le plus efficace des moyens de faire respecter les consignes et s’assurer de l’adhésion de nos concitoyens aux mesures exigées.

Le leadership de la ville et du maire Martin Murray

Jusqu’à maintenant la ville de Saint-Bruno a scrupuleusement mis en application les directives du gouvernement et de la Direction de la santé publique (DSP): elle a fermé les aires de jeux et les parcs, sauf celui du Lac du village, annulé ses activités estivales, encouragé le télétravail là où c’était possible chez ses employés, et dans ses communications inlassablement répété l’importance de respecter les mesures de distanciation sociale et d’éviter les regroupements de citoyens. 

Dans ces moments difficiles que nous traversons, le maire Murray joue un rôle très positif. Qu’on l’apprécie ou pas, tous ceux qui le connaissent en conviennent, y compris ses opposants politiques,  c’est un grand besogneux qui aime sa ville et qui ne ménage pas son temps pour celle-ci.  En cette période de pandémie, il se révèle un excellent leader pour Saint-Bruno. Le maire est très présent, échangeant avec les citoyens, les commerçants et les employés sur la situation et sur ce qui convient de faire, publie régulièrement des chroniques et capsules vidéo où il encourage ses citoyens tout en les invitant à respecter les consignes édictées par le gouvernement et la DSP.  

En attendant la potion magique…

Nos druides travaillent fort pour trouver la potion magique qui nous immunisera de ce virus. Nous en avons encore pour plus ou moins 1 an à être assiégé par Coronavirus COVID-19, cet ennemi invisible, qui attend que l’on relâche notre garde pour envahir notre village et infecter nos vies. D’ici l’arrivée de cette potion, demeurons vigilants et prudents, car tout pourrait changer rapidement. Si nous voulons sortir victorieux de cette « guerre » il faudra se montrer discipliné, respecter les directives de la Santé publique et faire preuve de solidarité.

Alain Dubois, chroniqueur municipal

PS N’hésitez pas à ajouter votre grain de sel à cette analyse de la situation qui ne prétend pas être complète.

PS Nous ne possédons pas de données sur l’origine des personnes atteintes par le COVID-19 à Saint-Bruno, mais nous savons qu’il y a eu un important foyer de contagion à l’usine d’Exeldor ou à la mi-avril 23 de ses travailleurs (excluant leur famille), dont plusieurs résidents de notre ville, avaient été contaminés par le COVID-19. Il y a aussi de nombreux travailleurs de la santé et des services sociaux qui habitent à Saint-Bruno, il est probable qu’un certain nombre d’entre eux et des membres de leur famille aient été aussi contaminés par le virus. Au début de la pandémie, des élèves de Saint-Bruno qui fréquentent l’École Internationale de McMasterville ont été aussi mis en quarantaine.

Aussi: Le début de la fin pour les résidences pour personnes âgées?

Merci à Goscinny et Uderzo!

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