Une tempête dans un verre d’eau: la CMQ rejette la plainte de l’ex DG envers la conseillère Isabelle Bérubé

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Une autre page est tombée cette semaine dans cette saga digne d’un vaudeville qui mettait en vedette d’un côté du rideau l’ex DG de la municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville, Sylvain Brouillette, 6 des 8 conseillers du conseil de ville et le journal Les Versants et de l’autre, la conseillère Isabelle Bérubé.

Premier acte

Dans le premier acte, la conseillère Isabelle Bérubé, qui agit comme présidente de la Commission de l’environnement et de l’aménagement de l’agglomération de Longueuil (CEAAL), vote contre la demande du conseil de ville de choisir l’emplacement du parc Marie-Victorin comme futur lieu du complexe sportif (notons que cette commission n’a qu’un pouvoir de recommandation). Pour Mme Bérubé, une scientifique et spécialiste en environnement, ce choix contrevient au schéma d’aménagement du territoire de l’agglomération. Par conséquent, et de par ses responsabilités au sein de ladite commission, elle ne peut recommander l’acceptation de cette demande du conseil de modifier le zonage du terrain en vue d’y accueillir le centre sportif.

Deuxième acte

Le DG de la ville alors en fonction, Sylvain Brouilette, se dit frustré de n’avoir pas été informé que la conseillère n’a pas recommandé au CEAAL d’accorder la demande de dézonage de la municipalité alors que déjà des fonctionnaires œuvraient sur ce projet. Il prend donc une décision sans précédent pour un DG, porter plainte envers une élue (Isabelle Bérubé) à la Commission municipale du Québec.

Le conseil municipal, présidé par le maire suppléant Ludovic Grisé Farand * , évoque l’urgence de la situation pour convoquer une séance extraordinaire du conseil afin de traiter de ce manquement allégué de la conseillère à son devoir de loyauté envers le conseil et la municipalité. «On parle ici d’un événement extrêmement grave qui pourrait mettre en péril le projet de complexe sportif ainsi que l’obtention de la subvention de 20 millions de dollars» affirmait-il en ouverture de la séance. La conseillère Lise Dion propose de destituer la conseillère du CEAAL, et seuls les conseillers Isabelle Bérubé et Vincent Fortier votent contre cette proposition.

Le journal les Versants publie un dossier dans son édition du 5 août: “Isabelle Bérubé et le Parti montarvillois, L’affaire de l’été à Saint-Bruno”. Son contenu, que je qualifierais de sensationnaliste, met en exergue les supposées fautes commises par la conseillère Isabelle Bérubé.

Conseillère district no 5, Isabelle Bérubé

Entracte

Je rédige une chronique: “L’affaire de l’été: Une tempête dans un verre d’eau” dans Le Montarvillois qui dénonce la plainte envers la conseillère Bérubé déposée à la CMQ par le DG, Sylvain Brouillette. J’y mentionne que celle-ci est sans fondement, car le CEAAL relève de l’agglomération et non pas du conseil de ville de Saint-Bruno et qu’à ce titre, il est tout à fait dans les prérogatives de Mme Bérubé de ne pas voter en faveur de la demande de la ville. J’y mentionne aussi que ne n’était pas la première fois que les conseillers «indépendants» tentaient (sans succès) de déloger les conseillers du Parti montarvillois et le maire des comités de l’agglomération.   Ces tentatives de destitution se sont toutes avérées futilepuisque ces comités relèvent, comme je l’ai écrit plus haut, de l’agglomération. Par conséquent, la proposition demandant la destitution d’Isabelle Bérubé présentée par la conseillère Lise Dion et adoptée à la majorité ne pourrait que connaître le même sort.

Troisième acte

Le journal Les Versants publie une série d’articles sur cette “affaire de l’été” et ses suites, dont la démission du DG. Parfois leur contenu était farfelu, entre autres celui qui évoquait une mise en tutelle de la ville, et d’autres attaquaient ma crédibilité et celle d’un journal concurrent (Le Montarvillois). À ce titre, l’article de Frédéric Khalkhal “Démission du directeur général à Saint-Bruno: à qui sert la désinformation?” en a été le point culminant… Paradoxalement, en fait de désinformation, il était difficile de faire mieux et à mon point de vue, cet article était de l’ordre de la “fake news”

Quatrième et dernier acte

Comme la plupart des vaudevilles, celui-ci connait une fin heureuse pour l’héroïne de l’histoire, la conseillère Isabelle Bérubé. Comme attendu, le conseil de l’agglomération de Longueuil reconduit à son poste la conseillère à la Commission de l’environnement et de l’aménagement de l’agglomération, et la Commission municipale du Québec a jugé irrecevable la plainte (frivole) du DG Sylvain Brouillette puisqu’il n’y a pas eu aucune infraction au code d’éthique et de déontologie des élus.

Épilogue

Toute cette ridicule saga partisane pour une conclusion qui était prévisible dès le départ… Voilà un vaudeville dont les Montarvillois auraient pu se passer et qui nous fait tous honte. 


PS Il est important de préciser ici que le mécontentement d’élus et du DG envers la décision de la conseillère Isabelle Bérubé de ne pas recommander au CEAAL l’emplacement choisi par le conseil de ville pour le futur centre sportif était tout à fait compréhensible et légitime. Par contre, tout ce cirque politique et médiatique sur sa destitution et sur la plainte du DG à la CMQ envers cette conseillère était de mauvais goût et relevait de la “petite politique” partisane puisque ces démarches frivoles n’avaient aucune chance d’aboutir. C’était à n’en pas douter une tempête dans un verre d’eau…  

Alain Dubois, chroniqueur de la vie municipale

Photo de Mme Isabelle Bérubé: Donat Boivin


NOTE

Il ne fallait pas être devin pour prédire les conclusions de cette plainte du DG et de la requête en destitution de la conseillère Bérubé. Une connaissance minimale des plaintes ‘recevables’ à la CMQ et des structures et des pouvoirs de l’agglomération versus ceux de la ville était suffisante pour en arriver à ces conclusions…

Suite à la publication de la chronique “L’affaire de l’été, une tempête dans un verre d’eau” (un texte d’opinion qui ne faisait mention que de faits avérés), les conseillers qui avaient mené cette charge envers la conseillère Bérubé m’ont en plénier accusé de manquer d’objectivité et demandé au DG de retirer le journal de la revue de presse de la ville. Ils ont aussi décider de boycotter le journal. De son coté, Les Versants et son “journaliste” Frédéric Khalkhal ont, bien entendu, profité de l’occasion pour s’attaquer à un concurrent et ce, dans plusieurs articles colorés par un sensationnalisme de mauvais goût et gonflé à l’hélium de la désinformation. Mais voilà, leur balloune a crevé…

* Depuis lors, le conseiller du district 4, Ludovic Grisé Farand a fondé un parti politique dont il est le chef: Équipe citoyens d’abord


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